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Alors que les vacances scolaires battent leur plein, de nombreux enfants sont visibles dans les rues du territoire de Kabare, notamment à Miti-centre, un carrefour très animé du groupement de Miti. Loin de tout cadre éducatif ou récréatif structuré, plusieurs d’entre eux passent leurs journées à flâner, discuter ou vendre des articles pour le compte de leurs parents ou tuteurs.

Sur le terrain, les scènes de désœuvrement juvénile sont fréquentes. Ce samedi 2 août 2025, un correspondant de Watoto News s’est rendu dans les rues de Miti, où il a observé des groupes d’enfants et d’adolescents, certains en vêtements sales ou pieds nus, occupant les arrêts de bus, les abords des marchés ou les devantures des boutiques. Le constat était amer : des enfants avec des seaux de beignets, d’autres qui se giflent ou s’enroulent sur la chaussée, plusieurs encore en pleine discussion, sans réelle activité encadrée, au rond-point de Miti-centre.

Junior Wezo, 12 ans, rencontré sur place avec un petit bassin rempli de pommes de terre cuites, confie :
« Je vends pour aider maman, elle m’a dit que c’est mieux que de rester à la maison à ne rien faire. Mais parfois je me sens fatigué et j’aimerais jouer comme les autres. »

Ce phénomène suscite l’inquiétude de certains parents. Un père de famille, rencontré dans le centre, a accepté de livrer son témoignage sous couvert d’anonymat.
« C’est vrai que certains enfants errent, mais parfois, nous n’avons pas le choix. L’école coûte cher, et pendant les vacances, les enfants peuvent rapporter un peu d’argent. Ce n’est pas par méchanceté. »

Pour les défenseurs des droits de l’enfant, cette réalité traduit un malaise social plus profond.

Maître Innocent Nyakura, défenseur des droits de l’enfant au Sud-Kivu, dénonce la banalisation du travail des enfants et invite les familles à plus de vigilance :
« Les vacances doivent être un moment de repos, de créativité et de développement personnel pour l’enfant, pas une période de labeur ou d’abandon. J’appelle les autorités locales et les structures communautaires à mettre en place des activités éducatives, sportives ou culturelles accessibles à tous. »

Une urgence éducative et sociale

Ce phénomène n’est pas propre à Miti ; il reflète une situation généralisée dans plusieurs coins du territoire de Kabare, où pauvreté, chômage et manque d’infrastructures pour les jeunes laissent les enfants à la merci de la rue. Sans alternative ni accompagnement adapté, ces jeunes risquent de sombrer dans des habitudes néfastes, loin du cadre protecteur prévu par la Convention relative aux droits de l’enfant.

Pascal Marhegane Ki-Moon, volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu

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