
Dans l’ensemble de la province éducationnelle Sud-Kivu 1 de Bukavu à Walungu, en passant par Kabare, Idjwi et Kalehe les élèves finalistes du secondaire poursuivent les épreuves de l’Examen d’État 2024 avec une remarquable résilience.
Ce mercredi 26 juin, la troisième journée a mis à l’honneur les matières scientifiques : une étape redoutée nécessitant concentration et endurance.
Derrière les calculs, les schémas et les feuilles d’examen se cachent des efforts immenses et souvent invisibles. Des milliers de jeunes, malgré les corvées, la précarité et la distance, poursuivent avec courage leur rêve d’un avenir meilleur.
Un engagement discret mais profond à Kabare
Dans la sous-division de Kabare 2, de nombreux élèves jonglent entre responsabilités familiales et préparation académique. Dès l’aube, ils accomplissent des tâches ménagères avant de se rendre aux centres d’examen, déterminés à ne rien lâcher.
Une journée sous pression : les sciences à l’épreuve
Mathématiques, biologie, chimie les matières au programme exigeaient rigueur et lucidité. À Miti, Mudaka ou Bugorhe, les surveillants ont observé une ambiance concentrée et disciplinée, malgré les signes évidents de fatigue.
Témoignages d’un double combat,Patrick Habamungu, élève finaliste à l’Institut Maendeleo, partage :
« Je me suis levé à 4h30 pour aller puiser de l’eau et couper du bois avant de réviser mes formules de physique. C’est difficile, mais je veux réussir pour aider ma famille. »
Sifa Zigashane Inès, 17 ans, raconte : « Ma mère est seule avec nous. Je dois préparer les repas pour mes petits frères avant de partir. Je révise souvent très tard, à la bougie. Mais je n’ai pas le droit d’échouer. »
Le regard des parents : entre fierté et espoir
Les parents, eux aussi, portent le poids de cette période d’examen, mais avec beaucoup de fierté et de détermination. Ils admirent le courage de leurs enfants face aux difficultés du quotidien.
« Nous n’avons pas beaucoup de moyens, mais nous prions et les encourageons à ne pas abandonner. Voir ma fille partir à l’examen après avoir fait la lessive me redonne de l’espoir »,confie une mère de quatre enfants rencontrée à Bugorhe.
Une jeunesse déterminée à réussir
Au-delà des épreuves écrites, les finalistes du Sud-Kivu en particulier ceux de Kabare livrent chaque jour un combat silencieux : celui de concilier les charges familiales, la précarité et la poursuite de leurs rêves.
Leur détermination, souvent invisible, en fait bien plus que de simples élèves. Ce sont des jeunes engagés, porteurs d’espoir, véritables acteurs du changement au cœur de leur communauté.
Ces voix traduisent la détermination d’une jeunesse qui, au-delà des difficultés, choisit l’effort et la persévérance. Un exemple silencieux mais puissant de courage quotidien.
Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes
