
Alors que les vacances scolaires sont censées être un moment de détente, elles deviennent une période de grand danger pour les enfants vivant le long du tronçon Miti–Tshivanga (RN3), dans le territoire de Kabare. Sur cette portion de route, les travaux de construction réalisés par la société Sinohydro sont à l’arrêt depuis plusieurs mois en raison de l’insécurité persistante dans la région.
Des fossés creusés, des canalisations ouvertes et des talus instables ont été laissés à l’abandon, sans la moindre mesure de sécurité. Résultat : ces zones à risque sont devenues des terrains de jeu dangereux pour les enfants des villages avoisinants.

Des enfants livrés à eux-mêmes
Faute d’activités encadrées, les enfants errent dans les environs, exposés à des risques permanents. De nombreux parents témoignent :de glissades dans les rigoles non couvertes,de jeux dangereux sur des amas de pierres ou des blocs de terre,d’enfants courant près des routes effondrées, devenues impraticables.
« Ma fille est tombée dans un fossé en jouant. On a eu peur, mais ce n’était pas grave cette fois. Et demain ? » s’inquiète une mère de Kafulumaye.
Des effets invisibles mais réels
Pour le psychologue Moïse Kinkumba, cette situation ne menace pas seulement l’intégrité physique des enfants, mais aussi leur bien-être psychologique :
« Être exposé quotidiennement à des environnements dangereux peut entraîner de l’anxiété, une insécurité constante ou même une prise de risques inconsciente. »
Un manquement aux droits de l’enfant
L’article 19 de la Convention relative aux droits de l’enfant engage les États à protéger les mineurs contre tout danger dans leur environnement immédiat. L’abandon des chantiers et l’absence de signalisation ou de clôtures constituent une violation claire de ce droit.
Article 19 : L’enfant a droit à la protection contre tout danger physique ou environnemental.
Article 31 : L’enfant a droit au repos, aux loisirs et à un espace de jeu sécurisé.
Un appel urgent à la responsabilité
L’arrêt des travaux ne peut justifier l’inaction. Avant toute reprise éventuelle, les autorités locales et la société Sinohydro doivent sécuriser les sites pour protéger les enfants. Chaque jour sans action accroît le risque d’un drame évitable.
Toutes les tentatives de Watoto News pour joindre les responsables de la société sont restées sans réponse.
Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes à Kabare
