
Chaque année, le 28 juillet, la Journée mondiale contre l’hépatite nous rappelle que certaines maladies avancent dans l’ombre, loin des projecteurs, touchant les plus vulnérables sans que personne ne s’en rende compte.
Parmi les victimes silencieuses de ce fléau, figurent les enfants. Trop souvent oubliés dans les politiques de santé publique, ils sont pourtant au cœur du cycle de transmission de l’hépatite, en particulier du virus de l’hépatite b
Quand la maladie commence dès la naissance
« L’une des principales causes de l’hépatite chez les enfants est la transmission mère-enfant, qui se produit lors de l’accouchement. Si la mère est porteuse du virus et n’a pas été diagnostiquée à temps, l’enfant peut naître déjà infecté », confie le docteur Christine Bijaci.
Dans bien des cas, cette réalité passe inaperçue : manque de dépistage pendant la grossesse, absence d’information sur les risques ou retard dans l’administration du vaccin. Les enfants se retrouvent alors exposés sans protection.
Elle souligne : « On oublie trop souvent que le combat contre l’hépatite commence avant même la naissance. Il faut tester les futures mères, former les sages-femmes, garantir la disponibilité du vaccin à la maternité. Mais ce n’est pas toujours le cas, surtout dans les zones rurales ou dans les structures sous-équipées. »
Ce que le silence cache : pauvreté, désinformation et inégalités
L’hépatite continue de progresser chez les enfants parce qu’elle se nourrit de l’injustice sociale. Dans certaines régions, les vaccins sont disponibles mais mal distribués. Ailleurs, les familles ignorent l’importance de vacciner le nourrisson dès la naissance.
Parfois, les accouchements ont lieu à domicile, loin des centres de santé. Ou alors, les professionnels de santé ne sont pas suffisamment formés pour identifier les risques et agir à temps. Ce sont ces défaillances – et non l’absence de solutions – qui exposent les enfants à une maladie pourtant évitable.
Des enfants qui grandissent sans savoir
Ce qui rend l’hépatite particulièrement dangereuse chez l’enfant, c’est qu’elle ne provoque souvent aucun symptôme pendant des années. L’enfant grandit, va à l’école, joue, sans savoir qu’un virus abîme lentement son foie.
Dr Christine insiste : « Il y a des adolescents qu’on découvre porteurs du virus par hasard, lors d’un examen de routine ou trop tard, quand les complications apparaissent. C’est un échec collectif. »
Ce 28 juillet, mettons les enfants au centre
La lutte contre l’hépatite ne peut être gagnée sans s’attaquer aux causes profondes : le manque d’accès aux soins, l’insuffisance du dépistage, la négligence des premières heures de vie.
Ce 28 juillet, il est temps de changer de regard.
Ne plus considérer l’enfant comme une victime silencieuse, mais comme le point de départ d’une réponse forte et coordonnée.
Car protéger un enfant, c’est interrompre une chaîne de transmission.
C’est investir dans un avenir plus juste, plus sain, plus humain.
Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes
