
Les vacances scolaires devraient être synonymes de repos, de loisirs et de liberté pour les enfants. Pourtant, dans de nombreux foyers à Bukavu, cette période devient un moment de surcharge domestique, en particulier pour les filles. Du lever au coucher du soleil, nombre d’enfants se voient confier des tâches ménagères éprouvantes : vaisselle, lessive, cuisine, corvée d’eau, surveillance des plus jeunes.
Autant de responsabilités qui les privent de leur droit au repos et au jeu.
Rachel Andema, 13 ans, témoigne :
« Dès 6 heures, je suis debout. Je fais la vaisselle, je balaie, je vais chercher de l’eau, je prépare à manger et ça dure toute la journée. Je n’ai même pas le temps de jouer. »
José Iragi, 11 ans:
« Moi, je dois toujours accompagner ma mère au champ pendant les vacances. Je porte les outils, je l’aide à biner, et on ne rentre qu’à 15 heures. Ensuite, je dois encore aller chercher du bois. »
Véronique Waso, 14 ans:
« Pendant les vacances, j’ai l’impression d’être la domestique de la maison. Je fais tout, surtout quand maman est au marché. Mes petits frères jouent, moi je travaille. »
Didier Ruhigita, 12 ans :
« Quand mon oncle est là, je dois tout faire pour lui : laver ses habits, le servir, même lui masser les pieds. Si je refuse, il me crie dessus. »
Ces témoignages révèlent une pratique souvent banalisée : le remplacement des adultes par les enfants dans les tâches domestiques. Ce surmenage, loin d’une simple aide familiale, devient abusif lorsqu’il empiète sur leur temps libre, leur repos ou leur développement personnel. À Bukavu, pour beaucoup d’enfants, les vacances ne sont plus qu’un enchaînement de corvées, au détriment de leur droit à l’enfance.
Rachel Andema, 13 ans:
« Dès 6 heures, je suis debout. Je fais la vaisselle, je balaie, je vais chercher de l’eau, je prépare à manger… et ça continue toute la journée. Je n’ai même pas le temps d’aller jouer. »
José Iragi, 11 ans:
« Moi, je dois toujours accompagner ma mère au champ pendant les vacances. Je porte les outils, je l’aide à biner, et on ne revient qu’à 15 heures. Après ça, je dois encore aller chercher le bois. »
Didier Ruhigita, 12 ans:
« Quand mon oncle vient chez nous, je dois tout faire pour lui : laver ses habits, lui servir, même masser ses pieds. Si je refuse, il me crie dessus. »
Avis des spécialistes
Dr. Jean-Claude Bulambo, pédiatre: « Certains enfants arrivent à la rentrée avec des douleurs musculaires, des signes de stress physique, ou même d’anémie à force de porter des charges et travailler sans pause. »
Mme Nicole Bashige, éducatrice spécialisée:
« On oublie souvent que le jeu est un droit fondamental de l’enfant. Le priver de loisirs nuit à son développement émotionnel, sa créativité et sa confiance en soi. »
Frère David Mugisho, conseiller en discipline scolaire:
« On retrouve beaucoup d’enfants en échec scolaire après les vacances parce qu’ils n’ont pas pu réviser, ni se reposer. Le surmenage domestique joue un grand rôle dans cette baisse de performance. »
Sr. Huguette Kabuo, formatrice en protection de l’enfance:
« Le problème, c’est que beaucoup de parents pensent que l’enfant doit être ‘utile’ tout le temps. Mais cette utilité devient une maltraitance silencieuse quand elle dépasse les limites. »
M. Alain Musafiri, animateur jeunesse:
« Certains enfants développent un rejet du foyer ou une colère intérieure parce qu’ils se sentent exploités. Ça affecte aussi leurs relations avec leurs parents à long terme. »
Les spécialistes sont unanimes : les tâches ménagères doivent être encadrées et adaptées à l’âge de l’enfant. Quand elles deviennent excessives et constantes, surtout pendant les vacances, elles nuisent à son développement physique, émotionnel et scolaire. Le repos, le loisir et le jeu ne sont pas des luxes pour les enfants : ce sont des droits reconnus.
Les vacances ne doivent pas être une punition ou une période d’épuisement pour les enfants. Aider à la maison est normal, mais être utilisé comme une main-d’œuvre gratuite et permanente ne l’est pas. Les familles doivent revoir leurs pratiques pour respecter les droits de l’enfant, même dans le cadre familial. Offrir du repos à un enfant, c’est investir dans son équilibre, sa santé mentale et sa réussite future.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes au sud kivu
