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Les violences domestiques, subies directement ou indirectement par les enfants, impactent sérieusement leur santé mentale. Elles entraînent plusieurs conséquences néfastes, notamment l’anxiété, la dépression et les traumatismes infantiles.

Rencontré à ce sujet, Serge Ombeni Birhashoboka, psychologue clinicien, décrit les effets de ces violences sur la santé psychologique et physique des enfants, ainsi que leurs répercussions à l’âge adulte :

« Lorsqu’on parle de violences domestiques, on fait référence à des violences intrafamiliales. Cela peut être des violences conjugales ou de la maltraitance envers les enfants.
Sur le plan psychologique, ces violences ont un impact sévère sur l’enfant. Je peux citer la genèse de troubles mentaux chez l’enfant. L’enfant peut commencer à développer des problèmes comme : l’anxiété, la dépression, des troubles de concentration, d’insomnie et d’appétit.
Il y a beaucoup de problèmes qui peuvent se développer chez l’enfant. Aujourd’hui, dans l’approche psychosomatique, il a été démontré qu’il existe des troubles d’ordre psychologique qui génèrent des troubles d’ordre somatique, c’est-à-dire physique. Lorsqu’on soumet l’enfant à un environnement stressant, cela peut entraîner chez lui des problèmes de santé. C’est ainsi qu’on trouve des enfants qui souffrent, par exemple, de diabète ou de problèmes cardiaques. »

Pour le psychologue, ces effets dépassent l’enfance et peuvent marquer l’individu toute sa vie.

« Au-delà de ces conséquences, cela peut avoir des répercussions à l’âge adulte. Des études menées en psychologie ont démontré que la plupart des troubles que nous observons à l’âge adulte trouvent leur origine dans la petite enfance », explique Serge Ombeni.

Il souligne que l’enfant peut être victime directe ou indirecte de la maltraitance ou des violences domestiques. Il illustre cela par le cas où l’un des parents subit des violences en présence de l’enfant, ce qui l’affecte :

« Je donne l’exemple de mon expérience professionnelle à l’hôpital général de Panzi où j’ai reçu le cas d’un enfant admis en soins intensifs au service de pédiatrie. Il s’agissait d’un bébé de trois mois présentant un problème cardiaque. Après évaluation, le pédiatre constate qu’il n’y a aucune cause médicale apparente. Mais lors de mon entretien avec la mère, je découvre que depuis la naissance de l’enfant, elle vit dans un climat de violence domestique infligée par son mari. L’enfant a développé ce problème pour exprimer sa douleur. »

Serge Ombeni ajoute que ces violences ont également un impact sur le développement social, intellectuel et émotionnel de l’enfant :

« Le mouvement des enfants dans la rue tire ses origines de ce que vivent les enfants dans leurs familles respectives. Lorsque les enfants sont soumis à ces violences, ils ne se sentent plus en sécurité chez eux et finissent par fuir le toit familial pour vivre dans la rue.
Sur le plan social, ce phénomène conduit à l’insécurité, au vagabondage, au désordre social, au vol, au retrait social. On observe aussi une baisse du rendement scolaire.
Sur le plan émotionnel, l’enfant évolue avec une carence affective. Ce sont des enfants qui, plus tard, auront du mal à construire des relations sociales solides à l’âge adulte. »

Serge Ombeni insiste sur le rôle des psychothérapeutes, qui doivent éduquer la communauté sur les conséquences des violences domestiques sur les enfants, mais aussi rester en contact avec les victimes pour prévenir ces effets. Il lance un appel à la communauté :

« Les voisins, par exemple, doivent protéger ces enfants, notamment en alertant sur ce qui se passe. »

Rehema Namegabe Esther, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu.

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