
Pour certains enfants, les vacances sont synonymes de liberté, de jeux et de repos. Mais pour d’autres, elles se transforment en période douloureuse, rythmée par la honte, l’exclusion et les moqueries. C’est le cas de nombreux élèves ayant échoué à l’école. Alors que leurs camarades célèbrent leur réussite, eux sont confrontés au rejet et à l’humiliation, parfois même au sein de leur propre famille. Ce moment censé apporter du répit devient un véritable supplice.
Témoignages
Grâce Lemba, 10 ans, Panzi: « Depuis que j’ai raté l’année, mes amis ne veulent plus jouer avec moi. Ils disent que je suis une “bête”. Je reste seule à la maison. »
Junior Clément, 13 ans, Kadutu: « Même dans ma famille, on me dit que je suis une honte. Quand les autres vont jouer, on me dit de rester et d’étudier… pour rien. »
Noëlla Cirhuza, mère vendeuse au marché: « Ma fille ne veut plus sortir. On l’appelle “la redoublante”. Elle pleure souvent, surtout quand elle revient de chez les voisins. »
Regard des spécialistes
Dr Nadège Mushi, pédopsychiatre: « L’échec scolaire ne devrait jamais devenir une étiquette. Le stigmatiser pendant les vacances alimente la souffrance et empêche toute reconstruction. »
Prof. Alain Bwenge, psychopédagogue: « Humilier un enfant pour le motiver est une erreur fréquente. Cela détruit sa confiance et le pousse au repli. »
Sœur Bernadette, éducatrice: « De plus en plus d’enfants arrivent renfermés ou déprimés à la rentrée. Les vacances sont parfois plus dures que l’école elle-même. »
Mme Clarisse Lushika, coach parental: « Même après un échec, un enfant a droit de jouer, de rire et de respirer. Les vacances doivent l’aider à se reconstruire, pas l’achever. »
Abbé Théophile, animateur d’un centre de loisirs:
« Nous intégrons tous les enfants, sans distinction. À travers le jeu et l’affection, l’estime de soi renaît. »
Un été pour guérir, pas pour punir
Les vacances ne doivent pas devenir un tribunal silencieux. Chaque échec est une opportunité de croissance, à condition que l’enfant soit accompagné avec bienveillance. Derrière chaque bulletin rouge, il y a un cœur qui a besoin de compassion.
Quand les vacances deviennent un supplice, c’est la société tout entière qui échoue. Apprenons à accueillir l’échec avec humanité. Parce que chaque enfant mérite un été pour se relever, pour guérir, et pour croire à nouveau en lui.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes au sud kivu
