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À quelques jours du début du Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP), prévu pour les 17 et 18 juillet 2025 sur toute l’étendue du territoire de la République Démocratique du Congo (RDC), l’inquiétude grandit dans plusieurs villages du territoire de Kabare, au Sud-Kivu.

Dans des localités comme Cirunga, Kagabi, Bushwira et d’autres zones environnantes, la population redoute pour l’avenir des enfants alors que des affrontements armés continuent d’être signalés dans la région. Ces violences récurrentes, qui perturbent la quiétude des habitants, menacent sérieusement le bon déroulement de ces épreuves nationales, essentielles pour l’orientation des élèves vers la formation technique ou professionnelle.

Une insécurité persistante qui inquiète les familles

Depuis plusieurs semaines, des affrontements entre les éléménts de l’AFC/M23 et les Wazalendo ont été rapportés dans certains coins du territoire de Kabare. Cette insécurité a contraint certaines familles à fuir leurs habitations, tandis que d’autres vivent dans une peur permanente. Les écoles, elles aussi, fonctionnent au ralenti, certaines ayant dû fermer leurs portes momentanément.

Un leader communautaire local, Akilimali Mudahama, exprime son inquiétude face à cette situation :

« Nous ne savons pas comment nos enfants passeront le TENASOSP alors que les affrontements sont encore signalés ici. Le autorités doivent assurer leur sécurité pour qu’ils participent normalement à ces épreuves qui conditionnent leur avenir. »

Le TENASOSP, un test crucial pour les élèves de 8e Education de base

Le TENASOSP est une étape importante dans le parcours scolaire des élèves congolais. Il permet non seulement d’évaluer leurs acquis, mais aussi de déterminer leur orientation vers les humanités techniques, scientifiques ou littéraires, ou encore vers les filières professionnelles. Son organisation est encadrée par le ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST), et sa réussite conditionne l’avenir de nombreux jeunes.

Les appels aux autorités se multiplient

Dans ce contexte tendu, parents, enseignants et acteurs communautaires appellent les autorités provinciales et nationales à prendre des mesures urgentes pour garantir la sécurité autour des centres de passation des examens. Ils craignent que certains enfants soient empêchés de se rendre sur les lieux d’examen, soit par peur, soit à cause des déplacements forcés liés aux violences.

Les organisations locales de la société civile rappellent que l’éducation est un droit fondamental protégé par la Constitution et diverses conventions internationales ratifiées par la RDC, dont la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE).

Un enjeu au-delà de Kabare

Bien que la situation soit particulièrement préoccupante dans certains coins de Kabare, le défi sécuritaire touche aussi d’autres territoires du Sud-Kivu, voire d’autres provinces affectées par l’instabilité. L’organisation harmonieuse du TENASOSP dans ces conditions constitue un test pour l’État congolais, appelé à démontrer sa capacité à garantir le droit à l’éducation, même dans les zones fragiles.

Pascal Marhegane, volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu

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