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À Kabare, des enfants sont déjà visibles dans les rues alors que l’année scolaire n’est pas encore officiellement clôturée. Cette situation inquiète les défenseurs des droits de l’enfant qui appellent les parents à la vigilance, surtout en cette période d’insécurité persistante.

À l’approche de la fermeture officielle de l’année scolaire, des enfants sont déjà aperçus en train d’errer dans les rues, les marchés et les quartiers de Kabare, notamment à Miti centre. Ce mardi 15 juillet, l’équipe de Watoto News a rencontré plusieurs d’entre eux, certains encore en tenue d’écolier, d’autres en habits ordinaires, visiblement livrés à eux-mêmes.

Sous couvert d’anonymat, l’un de ces enfants, rencontré non loin du marché de Miti, déclare :

« Je suis libre, j’ai fini mes examens, j’attends la proclamation, je suis obligé de circuler et de jouer librement avec mes amis que vous voyez là… »

Ce témoignage illustre une réalité de plus en plus fréquente à Kabare : des enfants livrés à eux-mêmes, traînant dans les rues sans surveillance, en attendant la clôture officielle de l’année scolaire.

Des défenseurs des droits de l’enfant tirent la sonnette d’alarme

Cette situation inquiète particulièrement les défenseurs des droits de l’enfant, surtout dans un contexte où l’insécurité continue de toucher certaines localités du territoire de Kabare. Pour Maître Innocent Nyakura, défenseur des droits des enfants au Sud-Kivu, ce relâchement expose ces enfants à de multiples dangers :

« Nous demandons aux parents de Kabare et d’ailleurs d’assumer pleinement leur responsabilité. L’éducation et la protection des enfants ne doivent pas être négligées, surtout en ce moment où l’insécurité et les conflits armés affectent encore certaines zones. Un enfant laissé dans la rue devient une proie facile pour les pires abus. »

Il appelle les familles à redoubler de vigilance et à suivre de près le comportement de leurs enfants, même après la passation des examens.

Une insouciance parentale face à des risques multiples

À Miti centre et dans d’autres agglomérations de Kabare, certains enfants sont déjà utilisés pour vendre de petites marchandises, d’autres s’adonnent à des jeux dangereux sans aucune surveillance. Cette insouciance favorise l’exposition des enfants à plusieurs fléaux : accidents, abus sexuels, exploitation économique, enrôlement dans des groupes armés, drogues.

Des leaders communautaires appellent également les autorités locales à prendre des mesures afin de protéger ces enfants, en renforçant les contrôles et les campagnes de sensibilisation auprès des familles.

Un rappel au bon sens collectif

À l’heure où la société attend la fermeture officielle des écoles, il est urgent que les familles, les enseignants, les leaders communautaires et les autorités locales collaborent afin de protéger les enfants contre l’oisiveté et ses conséquences. La responsabilité ne repose pas uniquement sur les épaules des parents, mais sur l’ensemble de la communauté.

Watoto News poursuivra ses enquêtes de terrain pour alerter sur les comportements qui mettent en péril l’avenir des enfants de Kabare, dans l’espoir que ces appels soient entendus et traduits en actions concrètes.

Pascal Marhegane Ki-Moon, volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu

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