
Dans de nombreuses régions, les langues maternelles sont menacées de disparition, en particulier celles qui ne sont ni enseignées à l’école ni utilisées dans les institutions officielles. Les jeunes, souvent perçus comme des agents de modernité, peuvent pourtant jouer un rôle crucial dans la conservation et la documentation de ces langues. Comment ? Par l’enregistrement, la recherche, la création de contenus numériques ou encore la transmission orale entre générations.
Amani Ngoy, 23 ans, étudiant en linguistique à Bukavu
« J’ai grandi en entendant parler le Kihunde, mais à l’école, on nous interdisait de l’utiliser. Ce n’est qu’à l’université que j’ai compris sa valeur. Aujourd’hui, je l’enregistre avec mes grands-parents pour en faire un dictionnaire numérique. »
Sarah Kaindo, 20 ans, bénévole dans un centre culturel à Uvira
« On a lancé un podcast où des jeunes racontent des contes en langue Shi. C’est un moyen de reconnecter les enfants à leur culture, tout en utilisant les outils que nous aimons. »
Moïse Mirindi, jeune vidéaste à Idjwi
« Je fais des vidéos en Kihavu avec des sous-titres en français pour sensibiliser à l’importance de parler nos langues. Beaucoup de jeunes m’écrivent pour apprendre à écrire leur langue. »
Avis de spécialistes
Dr Jean-Pierre Lushombo, linguiste à l’Université Officielle de Bukavu
« Si les jeunes ne s’engagent pas aujourd’hui, certaines langues vont totalement disparaître d’ici une ou deux générations. Ils doivent documenter les lexiques, les chants, les proverbes… chaque élément compte. »
Mme Clarisse Byamungu, responsable à la Bibliothèque communautaire de Kalehe
« L’usage du numérique a révolutionné la documentation des langues. Des jeunes créent des applications, des enregistrements vocaux ou même des livres numériques. Il faut les appuyer techniquement et financièrement. »
Prof. Alain Munganga, sociologue culturel à Goma
« La langue est aussi une identité. Un jeune qui documente sa langue ne fait pas que préserver des mots, il défend une histoire, une vision du monde. »
Mme Rachel Nyabirungu, chargée de projets culturels à Bukavu
« Nous avons lancé des ateliers pour encourager les jeunes à interviewer les anciens sur les langues oubliées. Le lien intergénérationnel est fondamental dans ce processus. »
Dr Patrick Mushagalusa, chercheur au Centre des langues africaines
« Il est temps que les politiques éducatives incluent l’enseignement et la documentation des langues maternelles. Les jeunes peuvent être formés dès le secondaire à collecter, écrire et partager ces langues. »
Les jeunes doivent être au cœur des stratégies de préservation des langues maternelles. Leur créativité, leur accès au numérique et leur énergie sont des leviers essentiels pour documenter, numériser et transmettre ces langues menacées. Avec du soutien, ils peuvent devenir les gardiens d’un patrimoine linguistique trop souvent oublié.
La documentation des langues maternelles oubliées n’est pas seulement un devoir culturel : c’est un acte de résistance identitaire. En s’y engageant, les jeunes redonnent vie à des voix que l’on croyait perdues. Ils construisent un pont entre hier et demain, entre racines et avenir.
Dans de nombreuses régions, les langues maternelles sont menacées de disparition, en particulier celles qui ne sont ni enseignées à l’école ni utilisées dans les institutions officielles. Les jeunes, souvent perçus comme des agents de modernité, peuvent pourtant jouer un rôle crucial dans la conservation et la documentation de ces langues. Comment ? Par l’enregistrement, la recherche, la création de contenus numériques ou encore la transmission orale entre générations.
Amani Ngoy, 23 ans, étudiant en linguistique à Bukavu
« J’ai grandi en entendant parler le Kihunde, mais à l’école, on nous interdisait de l’utiliser. Ce n’est qu’à l’université que j’ai compris sa valeur. Aujourd’hui, je l’enregistre avec mes grands-parents pour en faire un dictionnaire numérique. »
Sarah Kaindo, 20 ans, bénévole dans un centre culturel à Uvira
« On a lancé un podcast où des jeunes racontent des contes en langue Shi. C’est un moyen de reconnecter les enfants à leur culture, tout en utilisant les outils que nous aimons. »
Moïse Mirindi, jeune vidéaste à Idjwi
« Je fais des vidéos en Kihavu avec des sous-titres en français pour sensibiliser à l’importance de parler nos langues. Beaucoup de jeunes m’écrivent pour apprendre à écrire leur langue. »
Avis de spécialistes
Dr Jean-Pierre Lushombo, linguiste à l’Université Officielle de Bukavu
« Si les jeunes ne s’engagent pas aujourd’hui, certaines langues vont totalement disparaître d’ici une ou deux générations. Ils doivent documenter les lexiques, les chants, les proverbes… chaque élément compte. »
Mme Clarisse Byamungu, responsable à la Bibliothèque communautaire de Kalehe
« L’usage du numérique a révolutionné la documentation des langues. Des jeunes créent des applications, des enregistrements vocaux ou même des livres numériques. Il faut les appuyer techniquement et financièrement. »
Prof. Alain Munganga, sociologue culturel à Goma
« La langue est aussi une identité. Un jeune qui documente sa langue ne fait pas que préserver des mots, il défend une histoire, une vision du monde. »
Mme Rachel Nyabirungu, chargée de projets culturels à Bukavu
« Nous avons lancé des ateliers pour encourager les jeunes à interviewer les anciens sur les langues oubliées. Le lien intergénérationnel est fondamental dans ce processus. »
Dr Patrick Mushagalusa, chercheur au Centre des langues africaines
« Il est temps que les politiques éducatives incluent l’enseignement et la documentation des langues maternelles. Les jeunes peuvent être formés dès le secondaire à collecter, écrire et partager ces langues. »
Les jeunes doivent être au cœur des stratégies de préservation des langues maternelles. Leur créativité, leur accès au numérique et leur énergie sont des leviers essentiels pour documenter, numériser et transmettre ces langues menacées. Avec du soutien, ils peuvent devenir les gardiens d’un patrimoine linguistique trop souvent oublié.
La documentation des langues maternelles oubliées n’est pas seulement un devoir culturel : c’est un acte de résistance identitaire. En s’y engageant, les jeunes redonnent vie à des voix que l’on croyait perdues. Ils construisent un pont entre hier et demain, entre racines et avenir.
Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
