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Les catastrophes naturelles frappent de plein fouet les communautés vulnérables, détruisant habitations, infrastructures et espoirs. Dans ces contextes, les jeunes, souvent perçus comme dépendants, démontrent une capacité impressionnante à rebondir, à s’adapter et à soutenir leur entourage. Leur implication dans la résilience communautaire mérite d’être reconnue, documentée et soutenue.

Rachel Byalulema, 22 ans, sinistrée de Kalehe (RDC)
« Quand les inondations ont emporté notre maison, on a tout perdu. Mais je ne pouvais pas rester là à attendre. J’ai réuni quelques amis, on a collecté des vêtements, on a aidé à reconstruire des abris avec ce qu’on pouvait trouver. Ce n’était pas grand-chose, mais ça nous a gardés forts mentalement. C’est comme ça qu’on a commencé notre groupe “Jeunes Main Solidaire”. »

Jérémie Murabazi, 19 ans, habitant de Goma après une éruption
« Au début, j’étais traumatisé. J’ai perdu des amis, j’ai vu des gens fuir, j’ai dormi dehors. Ensuite, une ONG m’a proposé une formation en premiers secours. Aujourd’hui, je suis volontaire dans un réseau d’alerte communautaire. Ça m’a redonné confiance. »

Élodie Mungwakonkwa, 20 ans, jeune de Goma
« Après les pluies, notre école s’est écroulée. Avec d’autres filles, on a décidé de créer une bibliothèque mobile pour permettre aux enfants d’étudier quand même. On a utilisé des cartons, des livres usés, mais les enfants venaient nombreux. »

Une catastrophe naturelle est un événement imprévu provoqué par un phénomène naturel comme la pluie, le vent, le feu ou les mouvements de la terre, qui cause des dommages importants à l’environnement, aux habitations, aux infrastructures et surtout aux vies humaines.

Avis de spécialistes

Dr Clémentine Banza – Psychologue clinicienne
« La résilience des jeunes est fortement liée à leur capacité à se regrouper, à trouver du sens dans l’action. Mais elle dépend aussi du soutien émotionnel qu’ils reçoivent. Après une catastrophe, un jeune qui est écouté, encouragé et responsabilisé récupérera plus vite. »

Prof. Alain Musafiri, Expert en gestion des risques
« Ce qu’on néglige souvent, c’est que les jeunes sont des ressources humaines dans la réponse aux crises. Ils maîtrisent les outils numériques, peuvent mobiliser rapidement et sont souvent plus proches de la population. Il faut les intégrer dans les mécanismes institutionnels. »

Mme Grâce Kalume, Sociologue
« La résilience ne se limite pas à la survie. Elle inclut l’invention, la créativité, la reconstruction du lien social. Les jeunes, dans leur énergie, recréent souvent des espaces de solidarité spontanée. Ils deviennent porteurs d’espoir. »

Dr David Mutoka, Médecin humanitaire
« Lors de nos interventions, ce sont souvent des jeunes qui nous guident, traduisent, aident à identifier les besoins urgents. Leur connaissance du terrain est précieuse. Leur engagement peut sauver des vies. »

Jean-Pierre Kabamba, Coordonnateur d’un centre de jeunes à Uvira
« Après les inondations de 2020, des jeunes se sont formés seuls au secourisme via Internet. Ils ont ensuite animé des séances de prévention dans les écoles. C’est ce type d’initiative qu’il faut encourager et financer. »

Tous les spécialistes s’accordent à dire que la résilience des jeunes face aux catastrophes naturelles n’est pas un hasard. Elle découle d’un fort potentiel d’adaptation, mais aussi d’un besoin d’accompagnement structuré. Former les jeunes, leur offrir un espace d’engagement, valoriser leurs actions et les inclure dans les politiques de gestion des risques renforcera non seulement leur résilience individuelle, mais aussi celle de toute la communauté. Ce sont eux les bâtisseurs silencieux de la reconstruction.

Les jeunes ne sont pas seulement victimes des catastrophes naturelles, mais aussi des piliers essentiels de la reconstruction. Leur résilience est un levier qu’il faut reconnaître, encourager et renforcer. Former, écouter et impliquer la jeunesse dans les stratégies de prévention et de réponse aux catastrophes est une urgence pour bâtir des communautés plus solides face aux chocs futurs.

Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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