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La diversité linguistique constitue une richesse culturelle inestimable. Pourtant, de nombreuses langues locales sont aujourd’hui menacées de disparition. La mondialisation, l’urbanisation et la domination croissante de langues comme le français ou l’anglais ont progressivement marginalisé les langues vernaculaires. Dans ce contexte, les jeunes jouent un rôle déterminant dans leur préservation, en tant que relais générationnels et créateurs de nouvelles formes d’expression.

Diane Chabani, 23 ans, étudiante en lettres à Goma, témoigne :
« Chez nous, la langue Shi est de moins en moins parlée par les jeunes. J’ai décidé de m’impliquer dans un club linguistique où l’on apprend à lire et à écrire notre langue. C’est une manière de valoriser notre culture. »

Alain Murhula, 19 ans, blogueur à Kinshasa, explique :
« J’ai créé une page TikTok où je partage de courtes vidéos en Lingala, pour montrer qu’on peut être jeune, connecté et fier de ses racines. Beaucoup de jeunes me suivent aujourd’hui. »

Janine Bashige, 25 ans, animatrice radio à Bukavu, ajoute :
« J’ai lancé une émission hebdomadaire pour encourager les enfants à parler leur langue maternelle. Les appels et messages que je reçois prouvent que les jeunes attendent simplement un espace pour s’exprimer. »

Avis des spécialistes

Dr Emmanuel Bahati, linguiste congolais, souligne :
« Le rôle des jeunes est central. S’ils continuent à délaisser leur langue au profit de langues étrangères, nous perdrons un pan entier de notre mémoire collective. Mais s’ils deviennent des acteurs de la transmission, l’espoir renaît. »

Mme Rosalie Mugisho, sociologue, observe :
« Les jeunes ont accès aux outils numériques. Ils peuvent transformer les langues locales en tendances. Il faut les accompagner pour produire du contenu enraciné dans la culture, mais adapté à leur époque. »

Professeur Kalume M., chercheur en langues africaines, note :
« La disparition des langues est souvent liée à leur absence dans les systèmes éducatifs. Mais les jeunes peuvent inverser cette tendance en militant pour leur introduction dans les écoles. »

Les experts s’accordent à dire que les jeunes ne sont pas seulement les héritiers des langues locales, mais aussi les piliers de leur survie. Avec les soutiens éducatifs, numériques et sociaux adéquats, ils peuvent contribuer à revitaliser des langues oubliées.

Face à la disparition progressive des langues locales, l’engagement des jeunes apparaît comme essentiel. Leur créativité, leur énergie et leur présence en ligne peuvent redonner vie à ces patrimoines menacés. Préserver la diversité linguistique, c’est aussi protéger l’identité culturelle des peuples. En s’appropriant cette mission, les jeunes deviennent les véritables gardiens de notre héritage immatériel.

Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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