0 4 minutes 11 mois

Avec les effets de plus en plus visibles des changements climatiques, sécheresses prolongées, inondations imprévisibles, dégradation des sols, l’agriculture traditionnelle est mise à rude épreuve. Dans ce contexte, l’agriculture intelligente face au climat (AIC) apparaît comme une solution durable. De plus en plus de jeunes s’y intéressent, motivés à la fois par la recherche d’un emploi stable et par la volonté d’agir en faveur de l’environnement.

L’agriculture intelligente face au climat est une approche qui vise à augmenter durablement la productivité agricole, à renforcer la résilience face aux effets du changement climatique et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle intègre des techniques modernes telles que l’irrigation efficiente, l’utilisation de semences résistantes, la prévision climatique et l’agroforesterie.

Samuel Birindwa, 27 ans, ingénieur agronome dans le Sud-Kivu, témoigne : « Je me suis intéressé à l’agriculture intelligente après plusieurs échecs dans la culture du maïs, dus au manque de pluie. Aujourd’hui, j’utilise les prévisions météorologiques et des semences résistantes. Ma production s’est nettement améliorée. »

Rachel Kalos, 24 ans, jeune diplômée en environnement, a lancé un projet de potagers urbains fondé sur le compostage local : « J’enseigne à d’autres jeunes à recycler les déchets pour fertiliser le sol. C’est écologique et économique. »

Dieudonné Mukamba, 30 ans, entrepreneur agricole, explique : « Grâce à l’irrigation goutte-à-goutte et à la rotation des cultures, je produis même pendant la saison sèche. Beaucoup de jeunes pensaient que l’agriculture était une activité réservée aux personnes âgées. Aujourd’hui, nous prouvons le contraire. »

Avis des spécialistes

Dr Chantal Ilunga, climatologue : « L’engagement des jeunes dans l’agriculture intelligente est essentiel pour renforcer la résilience alimentaire face au climat. Ils sont créatifs, ouverts à l’innovation et aptes à utiliser les outils numériques pour optimiser les rendements. »

Prof. Léon Mukeba, expert en développement rural : « Il faut mettre en place des politiques d’accompagnement pour les jeunes agriculteurs : accès à la terre, aux semences améliorées, au financement et à l’information climatique. L’AIC doit devenir une priorité éducative. »

Mireille T., sociologue : « Ce modèle change la perception des jeunes vis-à-vis de l’agriculture. Elle n’est plus une corvée, mais une opportunité moderne, rentable et durable. C’est un levier puissant contre le chômage. »

Tous les spécialistes s’accordent à dire que l’agriculture intelligente face au climat constitue une stratégie incontournable pour répondre aux défis agricoles actuels. Son adoption par les jeunes représente une opportunité de revitaliser le secteur agricole, d’améliorer la sécurité alimentaire et d’apporter des réponses durables au chômage.

L’agriculture intelligente face au climat offre une voie prometteuse aux jeunes, tant sur le plan économique qu’écologique. En s’engageant dans cette démarche, ils ne se contentent pas de produire pour survivre, mais participent activement à la transformation de leurs communautés et à la lutte contre les effets du changement climatique. Leur énergie et leur capacité d’adaptation sont des atouts majeurs pour construire une agriculture résiliente, moderne et inclusive.

Louise Bibentyo, volontaire engagée pour les enfants et les jeunes à Bukavu

Auteur/autrice

Laisser un commentaire : Que pensez-vous de cet article ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.