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Dans de nombreuses familles et écoles, les enfants ne sont pas toujours consultés lorsqu’il s’agit de décisions importantes liées à leur éducation : choix de l’établissement, de la filière ou encore des activités extrascolaires. Pourtant, leur implication dans ces choix est essentielle pour renforcer leur développement personnel, leur confiance en eux et leur motivation.

Un manque d’écoute qui freine l’engagement

Lorsqu’on décide à la place des enfants sans leur demander leur avis, ces derniers peuvent se sentir ignorés ou incompris. Cela peut entraîner un sentiment de frustration et un détachement vis-à-vis des objectifs imposés. L’enfant, ne se reconnaissant pas dans ces décisions, perd peu à peu le goût d’apprendre ou de s’investir pleinement.

Plusieurs auteurs congolais soulignent l’importance d’impliquer l’enfant dans ses choix scolaires. Aimé Rufin Ngagnon, dans son ouvrage « Motivation en milieu scolaire congolais », insiste sur le rôle crucial de la motivation dans le processus d’apprentissage. Il met en lumière le lien entre la réussite scolaire et la prise en compte des besoins, des intérêts et des aspirations de l’élève.

Impliquer, ce n’est pas céder, c’est dialoguer

Impliquer un enfant ne signifie pas le laisser tout décider. C’est lui offrir un espace d’écoute, lui permettre de poser des questions, de comprendre les raisons des choix proposés et d’y adhérer en conscience. Cette approche favorise un climat de confiance et de respect mutuel, et donne à l’enfant le sentiment d’être acteur de son avenir.

Témoignage d’Esther Bisimwa, 14 ans, élève au C.S. Horizon à Bukavu :
« Je voulais étudier la biochimie et faire médecine pour devenir docteur et aider les gens de mon quartier. Mais mes parents ont choisi pour moi la pédagogie, disant que c’était plus facile pour trouver un emploi. Je fais des efforts, mais je n’ai pas la même motivation. Parfois, je vais à l’école juste pour leur faire plaisir, pas parce que j’aime ce que j’apprends. J’ai l’impression qu’on m’a volé mon rêve. »

Décider sans l’enfant peut sembler plus rapide, mais c’est rarement plus bénéfique. Pour qu’un enfant s’épanouisse à l’école et réussisse, il doit se sentir impliqué dans son propre parcours. Écoutons-le, accompagnons-le, orientons-le, mais ne le réduisons pas au silence. Sa voix compte.

Clarisse Zihalirwa volontaire pour les enfants les jeunes à Watoto News

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