
Loin des partitions et des pupitres de chant, c’est sur le terrain synthétique du stade de la Concorde à Kadutu que s’est jouée une rencontre inédite ce lundi 30 juin 2025. Organisé par la Fédération Diocésaine des Petits Chanteurs de Bukavu, un match de football a opposé les directeurs et maîtres de chœurs aux jeunes chantres. Une initiative placée sous le signe de la paix, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.

Sous les encouragements enthousiastes d’un public venu nombreux, les jeunes chantres se sont imposés sur un score sans appel de 3 buts à 0. Si la victoire est significative, c’est surtout le symbole d’unité intergénérationnelle qui a retenu l’attention.
Dès les premières minutes, les chantres ont imposé leur rythme. À la 15e minute, Yves, petit chanteur du chœur Messie de Burhiba, ouvre le score après un contre bien mené. Fiston, du chœur de Bagira, inscrit le deuxième but d’une superbe frappe à l’entrée de la surface. Juste avant la pause, Grâce Tendilonge, du chœur Sainte Immaculée de Cahi, très actif au milieu, conclut un bel enchaînement collectif et scelle le score à 3-0.

Malgré quelques tentatives en seconde période, les directeurs et maîtres de chœurs n’ont pas réussi à réduire l’écart, butant sur une défense solide et bien organisée.
À la fin de la rencontre, le président diocésain des petits chanteurs n’a pas caché sa satisfaction :
« Ce match n’est pas une simple compétition, c’est un moment de communion, un message vivant de paix. Nos chantres ont montré qu’ils ont du talent, mais surtout qu’ils sont porteurs d’un message : les jeunes veulent la paix, ils sont prêts à la construire et à la chanter. Ce genre d’initiative doit se pérenniser. »

Côté vainqueurs, l’humilité et la reconnaissance dominaient les réactions. Lulasha Mbala Alexis, du chœur Saint Édouard Legrand de la paroisse Saint Vincent Pallotti à Karhale, capitaine de l’équipe des chantres, s’est dit profondément satisfait de cette activité :
« Je suis très heureux du déroulement de ce match. Depuis que je suis petit chanteur, je n’avais jamais vu une telle initiative. C’est une première, et elle m’a beaucoup réjoui. Je félicite les organisateurs et les encourage à poursuivre dans cette voie. Pour renforcer encore plus la cohésion sociale, je propose même l’organisation d’un mini-championnat entre chœurs, ce serait bénéfique pour notre épanouissement. »

Même satisfaction chez Élisabeth Masoka, chantre au chœur des Enfants du Congo de Kadutu, qui a également pris part à la rencontre :
« C’est une grande joie pour moi. Battre nos directeurs, c’était amusant, mais au-delà de la victoire, cette activité nous aide à nous épanouir et à mieux nous connaître. Je souhaite que les organisateurs poursuivent avec d’autres initiatives : des marches de santé, des apostolats, des veillées de prière… Cela renforcerait encore notre fraternité. Que Dieu les bénisse pour leur engagement, et j’encourage tous les petits chanteurs à participer activement aux activités de la Fédération. »
À la fin du match, les deux équipes se sont réunies pour une photo souvenir, puis ont partagé, dans une ambiance conviviale, ce qu’ils ont appelé symboliquement « la bouteille de la fraternité ». Autour d’un verre d’eau partagé, des chants, des rires et des échanges sincères ont scellé l’esprit de cette journée.

La Fédération Diocésaine des Petits Chanteurs a promis que cette rencontre ne resterait pas sans suite. D’autres événements sportifs et culturels intergénérationnels sont déjà en préparation, dans le but de renforcer l’esprit communautaire au sein des paroisses.
Dans une ville comme Bukavu, souvent traversée par des tensions sociales, cette belle initiative vient rappeler que la musique, tout comme le sport, peut être un puissant vecteur de paix, de communion et d’espérance pour la jeunesse chrétienne.
Emmanuel Murhula volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
