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Une activité de sensibilisation s’est tenue ce mardi 24 juin 2025 à l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR) de Bukavu, dans la commune de Kadutu. Organisée par les jeunes ambassadeurs de la paix de la ville, cette séance visait à renforcer les capacités de la brigade estudiantine en matière de prévention des conflits et de promotion d’une culture de paix au sein de la communauté académique.

Une initiative pour casser les stéréotypes de violence

Obedi Herodias, jeune ambassadeur de la paix et porteur de l’initiative, a expliqué le choix porté sur la brigade estudiantine :

« Nous avons ciblé la brigade estudiantine parce qu’elle constitue une structure clé dans la sécurité interne de l’ISDR. Cependant, elle est souvent perçue comme brutale, injuste et sans pitié. Notre objectif est de leur fournir des outils concrets pour mieux anticiper, désamorcer et gérer les conflits de manière non violente, afin d’améliorer la relation avec leurs camarades. »

La séance a été rythmée par des échanges interactifs autour des causes fréquentes de conflits en milieu académique, accompagnés de stratégies pratiques pour leur résolution pacifique. L’accent a été mis sur la responsabilité individuelle, l’écoute, la modération dans les interventions et l’adoption d’un comportement exemplaire.

« Nous leur avons montré qu’ils peuvent être eux-mêmes des cultivateurs de paix. La paix ne doit pas rester un idéal abstrait, elle doit se vivre dans les actes de tous les jours », déclare Obedi Herodias.

Selon lui, l’objectif était clair : encourager les brigadiers à devenir des figures de calme, de sagesse et de coopération, afin de déconstruire les stéréotypes de violence souvent associés à leur fonction.

« Nous attendons d’eux une posture responsable, respectueuse et humble. C’est ainsi qu’ils pourront susciter la confiance et briser ces stéréotypes. Ils doivent être animés par l’amour, le pardon et le respect. »

Une prise de conscience chez les brigadiers

Raphaël Mayane Clovis, commandant général adjoint des brigadiers de l’ISDR Bukavu, a salué cette initiative :

« C’est une activité très bénéfique pour l’ensemble du corps des brigadiers. Notre rôle, en tant que brigadiers paramilitaires, est de protéger l’étudiant, ses biens, ainsi que le patrimoine de notre institution. Cette séance s’inscrit pleinement dans nos objectifs. »

Il a reconnu les défis rencontrés dans l’exercice de leurs fonctions :

« Trop souvent, notre réflexe face à un problème est la brutalité. C’est malheureusement ce qui façonne l’image que les autres ont de nous. »

La sensibilisation a permis une prise de conscience et une ouverture à d’autres approches :

« Aujourd’hui, j’ai compris que l’écoute active, le respect, la tolérance et la sagesse sont des clés essentielles. La brutalité ne résout rien. Il faut toujours réfléchir avant d’agir, apaiser les esprits en conflit. C’est ainsi que nous pourrons encadrer efficacement les étudiants. Nous sommes censés être des médiateurs et des facilitateurs. »

Vers une atmosphère académique plus apaisée

Cette campagne marque un pas significatif vers la transformation des relations sociales à l’ISDR. Grâce à l’engagement des jeunes ambassadeurs de la paix, une nouvelle dynamique s’installe, plaçant le dialogue, la responsabilité et le respect mutuel au cœur de la vie universitaire.

En initiant cette sensibilisation, les jeunes ambassadeurs de la paix se positionnent comme de véritables catalyseurs de changement, offrant à la brigade estudiantine les outils nécessaires pour devenir, à leur tour, des modèles vivants de paix, de tolérance et de médiation. Leur action contribue activement à bâtir une culture académique plus harmonieuse, fondée sur l’écoute et la non-violence.

Par Gabriel Cubaka, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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