
Autrefois omniprésents dans la vie quotidienne des enfants, les jeux traditionnels comme le « mamba », le « kiringiringi » ou encore le « chambara » tendent à disparaître dans plusieurs quartiers de Bukavu. En cause : l’essor des technologies modernes – télévisions, téléphones portables, jeux vidéo – qui remplacent progressivement ces activités ludiques porteuses de culture et de valeurs sociales.
Pourtant, ces jeux, transmis de génération en génération sans matériel coûteux, jouent un rôle fondamental dans le développement physique, mental, social et émotionnel des enfants.

Marie-Reine, mère de famille à Kadutu, s’en désole :
« Quand j’étais petite, on jouait au ‘mamba’ en cercle. Aujourd’hui, mes enfants passent leur temps enfermés devant leurs téléphones. Cela m’inquiète. »
Même constat chez Jonas, 13 ans, élève à Cimpunda :
« Je connais ‘kiringiringi’ mais on n’y joue plus. Mes amis préfèrent les jeux numériques, même si les anciens jeux étaient drôles. »
Milenge, grand-père à Bagira, tente de préserver cette mémoire ludique :
« J’essaie de transmettre ces jeux à mes petits-enfants. Ils trouvent ça démodé, mais je ne baisse pas les bras. »
Aline, animatrice d’enfants, témoigne :
« Quand on réintroduit ces jeux dans nos activités, les enfants retrouvent une joie simple et spontanée. »

Souvent délaissés au profit des écrans, ces jeux véhiculent pourtant des valeurs fortes telles que le respect, la solidarité ou encore le courage.
Pour Dr. Diane Byenda anthropologue, « leur disparition représente une rupture culturelle ».
Pascal Luhanga, formateur, plaide pour leur intégration dans les écoles comme outils pédagogiques.
Prof.Claire Makoma, sociologue, souligne qu’ils offrent aux jeunes des repères culturels solides.
Quant à Venance Kazadi, éducateur en zone rurale, il alerte : « Même dans les villages, sans valorisation, ces pratiques risquent de s’éteindre. »

Les spécialistes s’accordent : ces jeux jouent un rôle essentiel dans l’éducation et l’épanouissement des enfants. Face à leur déclin causé par l’urbanisation et la technologie, il devient urgent de les promouvoir à travers l’école, la famille et les événements communautaires.
Préserver les jeux traditionnels, c’est préserver l’identité et soutenir un développement harmonieux de l’enfant.
Louise bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes
