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Instaurée par l’Organisation des Nations unies en 2001, la Journée mondiale des réfugiés, célébrée chaque 20 juin, rappelle le courage et la résilience des personnes forcées de fuir leur foyer, souvent en franchissant les frontières. Si l’accent est mis sur les réfugiés, cette journée met aussi en lumière la tragédie des déplacés internes, notamment les enfants congolais, particulièrement vulnérables face aux conflits dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon la dernière publication de Watoto News sur la situation des enfants réfugiés, ceux qui sont actuellement installés dans le camp de Lusenda au Burundi, vivent dans des conditions extrêmement précaires. Depuis le mois de février, ils sont confrontés à une pénurie de vivres. Plusieurs enfants sont tombés malades, souffrant de malnutrition, dans un silence quasi total. Ces jeunes, souvent séparés de leurs familles, sont privés de scolarité, de soins médicaux et d’un environnement sûr pour se reconstruire.

La Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), adoptée en 1989, reconnaît à chaque enfant, même en situation de déplacement ou de refuge, le droit à la survie, à la protection, à l’éducation, à la santé, à une vie familiale et à un développement harmonieux. Son article 22 insiste sur la prise en charge particulière des enfants réfugiés ou demandeurs d’asile, afin de leur garantir les mêmes droits que les autres enfants. Malheureusement, la réalité dans ces camps et zones de déplacement montre un écart criant entre les principes et les faits.

Le sociologue Fidèle Bienvenu Iragi , basé à Miti, en territoire de Kabare, alerte : « Ces enfants sont privés non seulement de foyer, mais aussi de repères sociaux et psychologiques. Le déracinement, amplifié par les conflits, détruit leur avenir. » Ce constat est partagé par de nombreux acteurs locaux qui observent une crise générationnelle en formation.

À Bukavu, capitale du Sud-Kivu, des familles entières fuient les violences des territoires de Walungu, Kabare ou encore Kalehe. Des enfants arrivent désorientés, parfois orphelins, ou séparés de leurs parents. Ils vivent dans des conditions de grande précarité, sans accès à l’école ni soins adaptés. Beaucoup dorment à même le sol dans des sites non aménagés, exposés à la maladie et à l’insécurité.

Un parent déplacé originaire de Kabare témoigne avec émotion : « Je vis loin de mes enfants, séparé par l’insécurité. Mon cœur est lourd chaque jour, sans savoir s’ils mangent, s’ils dorment bien. » Ce cri du cœur illustre la douleur silencieuse de nombreux parents forcés de vivre loin de leurs enfants, incapables de les protéger dans une période aussi critique.

Le 20 juin est l’occasion de rappeler que les enfants déplacés, qu’ils franchissent les frontières ou non, sont d’abord des enfants, avec des droits inaliénables. Malgré l’adversité, ils aspirent à l’éducation, la sécurité et l’espoir d’un avenir digne. Il est urgent que les États, les ONG et la communauté internationale renforcent leur engagement pour garantir la sécurité alimentaire, l’accès à l’école, les soins de santé et psychologiques, et le droit à une vie digne pour tous ces enfants déplacés, réfugiés ou internes, en République Démocratique du Congo et au-delà de ses frontières.

Pascal Marhegane Ki-Moon, Volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu

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