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À l’occasion de la Journée mondiale de l’enfant africain, célébrée chaque 16 juin, un atelier de réflexion et de proposition d’actions en faveur des enfants victimes des conflits armés dans l’Est de la RDC a été organisé à Bukavu, dans la salle Exodus (en diagonale du collège Alfajiri), par la Fondation Redonner de l’Espoir. Une trentaine de participants venus de différents territoires du Sud-Kivu ont répondu à l’appel.

Dans son mot d’ouverture, Madame Irène Bigarura, responsable de la fondation, a dressé un tableau alarmant des conditions de vie des enfants dans les zones de conflits. Elle a dénoncé le recrutement d’enfants par des groupes armés, les traumatismes psychologiques laissés sans prise en charge, l’absence d’accès à une éducation de qualité, ainsi que la désintégration du tissu familial et communautaire.

« Il est crucial que notre engagement ne soit pas limité à des discours. Les enfants du Kivu vivent des réalités inacceptables : ils sont utilisés comme boucliers, privés d’école, abandonnés dans les rues ou enfermés dans leurs souffrances silencieuses. Nous devons entendre leur cri et y répondre avec urgence et humanité », a-t-elle déclaré avec gravité.

Les échanges ont été enrichis par les témoignages de journalistes, de responsables d’organisations locales, de travailleurs sociaux et de militants des droits de l’enfant. Ils ont évoqué d’autres obstacles majeurs : la pauvreté persistante, l’errance des enfants déplacés, la stigmatisation des anciens enfants soldats, les violences sexuelles, ainsi que le manque de politiques publiques adaptées à la réalité du terrain.

Parmi les structures présentes, Watoto News, média en ligne de référence engagé dans la défense des droits des enfants, a marqué sa présence active lors de l’atelier.
Reconnu pour son implication sur le terrain, Watoto News s’est illustré ces six derniers mois par une couverture rigoureuse et engagée des situations particulièrement critiques vécues par les enfants dans plusieurs zones en crise, notamment dans les territoires de Rutshuru, Masisi, Kalehe, Kabare et Walungu.
Son représentant a salué la dynamique de l’atelier, tout en réaffirmant l’importance de documenter les réalités de l’enfance dans les zones de conflit et de relayer la voix des enfants au cœur de l’espace public.

Les participants ont formulé une série de recommandations prioritaires pour améliorer la situation des enfants affectés par les conflits armés. En voici les principales :

Protection effective et désarmement des enfants enrôlés dans des groupes armés.

Mise en place de soins psychologiques et d’un accompagnement social adéquat.

Accès garanti à l’éducation pour les enfants déplacés ou traumatisés.

Appui aux familles et aux communautés pour renforcer leur résilience face aux crises.

Implication des enfants dans les dynamiques de paix et de reconstruction communautaire,…

Cet atelier a été unanimement salué pour la pertinence de ses échanges et la profondeur des témoignages. Une prochaine session est prévue, au cours de laquelle un rapport final sera établi et adressé aux partenaires concernés, pour un suivi concret des recommandations formulées.

Par Pascal Marhegane Ki-Moon, Volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu

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