
Dans un monde de plus en plus connecté, les réseaux sociaux façonnent la vie des jeunes, parfois à leur insu. À travers TikTok, Instagram ou encore Facebook, les adolescents s’informent, s’amusent, mais s’exposent aussi à des contenus nocifs et à une pression sociale constante.
Ce 13 juin 2025, lors d’un entretien avec Watoto News, trois élèves, chacun à un stade différent de leur parcours scolaire, livrent leurs impressions et leur vécu face à ces plateformes omniprésentes.
Un élève, 13 ans, 6e année primaire – Groupe Scolaire de Karhale (Groska)
Q : Utilises-tu les réseaux sociaux ?
« Non, pas vraiment. Mais je regarde des vidéos sur le téléphone de mon cousin. Il me montre des choses marrantes sur TikTok. Après, j’ai du mal à me concentrer à l’école, je pense aux vidéos. »
Q : Comment te sens-tu quand tu ne peux pas regarder?
« Je suis un peu fâché ou triste. Mais ma maîtresse dit que c’est mieux de lire ou de jouer dehors. J’essaie, mais j’aime trop les écrans. »
Chez les enfants, l’exposition précoce, même indirecte, génère déjà des signes de dépendance et des difficultés attentionnelles. L’absence de filtres cognitifs à cet âge rend leur cerveau particulièrement vulnérable aux stimuli rapides et répétitifs des contenus numériques.
Un élève de 14 ans, 2e année secondaire – Institut Technique de Bugabo
Q : Quelle place prennent les réseaux sociaux dans ta vie ?
« Je passe au moins deux heures par jour sur WhatsApp, Instagram et un peu Facebook. Je regarde les stories, je commente… Parfois, je rate mes révisions parce que je veux tout voir. »
Q : As-tu déjà ressenti que ça affectait ta mémoire ou ta concentration ?
« Oui, surtout en cours. Je pense à ce que j’ai vu, aux messages que je n’ai pas encore lus. C’est comme si j’étais là sans être là. »
Elle décrit une perte d’attention typique de son âge : les notifications constantes entraînent une fragmentation mentale qui réduit la capacité à mémoriser et à s’investir pleinement dans les tâches scolaires. Le cerveau adolescent, encore en développement, est particulièrement affecté par cette surcharge d’informations superficielles.
Un élève de 17 ans, 4e des humanités, Institut La Franchise, Texas
Q : As-tu conscience des effets des réseaux sociaux sur ta santé mentale ?
« Oui, complètement. Au début, c’était juste du fun, mais après, j’ai commencé à me comparer aux autres. Je voulais plus de likes, plus de visibilité. Ça m’a mis une pression énorme. »
Q : Que fais-tu pour te protéger maintenant ?
« J’ai limité le temps d’écran. Je désactive les notifications. Et parfois, je prends des ‘pauses digitales’. Je me sens mieux depuis. »
L’expérience de cet élève montre que la maturité permet une prise de conscience des dangers. Il identifie la spirale de la comparaison sociale et de la validation numérique, des facteurs associés à l’anxiété et à la dépression chez les adolescents.
Un défi collectif pour une génération connectée
Des élèves du primaire jusqu’aux humanités, les récits convergent : les réseaux sociaux captent leur attention, influencent leur estime de soi et bouleversent leurs capacités cognitives. Les solutions ne peuvent venir uniquement des familles ou des écoles. Elles nécessitent une mobilisation collective des acteurs éducatifs, politiques et technologiques pour créer des environnements numériques plus sains.
Enjeux clés :
Éducation à l’usage responsable du numérique dès le plus jeune âge
Régulation des contenus et des algorithmes nocifs
Promotion d’activités déconnectées dans la vie scolaire et familiale
Par Kweli Birindwa, volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
