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Dans les régions touchées par des conflits armés, les enfants deviennent les victimes invisibles d’une guerre qu’ils ne comprennent pas. Ils perdent non seulement leur sécurité, mais aussi leurs droits à l’éducation, à la santé, à la protection et au jeu. En RDC, plusieurs zones comme le Nord-Kivu, l’Ituri ou le Sud-Kivu sont des foyers de conflits, et des milliers d’enfants en subissent directement les conséquences.

II. Témoignages bouleversants d’enfants et de parents

Clarisse, 12 ans, déplacée de Rutshuru :
« On a vu des hommes avec des armes. Papa est tombé, maman m’a tirée par la main et on a couru. Depuis ce jour, j’ai peur de tout. »

Benoît, 14 ans, ancien enfant soldat à Beni :
« On m’a donné une arme. J’ai vu des choses horribles. Je ne dors plus sans faire de cauchemars. »

Une mère déplacée de Masisi témoigne :
« Mes enfants ont cessé d’aller à l’école. On n’a plus rien. Parfois, ils pleurent sans raison. »

Conséquences physiques, psychologiques et sociales
Les enfants vivant dans des zones de conflit sont soumis à un stress permanent. Leurs besoins fondamentaux sont négligés. Ils sont exposés :

À la violence directe (meurtres, viols, enrôlements)

À la séparation familiale, ce qui aggrave leur traumatisme

À des carences alimentaires, qui affectent leur développement physique

À la déscolarisation, compromettant ainsi leur avenir

Sur le plan psychologique, ils développent souvent une peur chronique, des troubles anxieux, un isolement émotionnel, voire des comportements violents.

Avis des spécialistes et des organismes

Dr Christiane Kavira, pédopsychiatre à Goma :
« Beaucoup d’enfants en zone de conflit vivent avec un traumatisme non traité. Certains présentent des troubles de l’attention, de l’agressivité ou même des signes de dépression. Il est urgent de mettre en place un accompagnement psychosocial ciblé. »

Professeur Akili Mumbere, expert en psychologie de l’enfance :
« L’environnement conflictuel détruit les repères de l’enfant. Sans un encadrement adapté, ces enfants risquent de reproduire la violence qu’ils ont connue. Le rôle de la communauté et des structures éducatives est central. »

UNICEF RDC, dans son rapport 2024, indique que plus de 1,2 million d’enfants vivent déplacés en RDC, sans accès stable à l’école ni soins adaptés. L’organisme insiste sur le rôle fondamental de la protection psychosociale dans les réponses humanitaires.

Save the Children souligne :
« Un enfant qui grandit dans la peur, sans éducation ni soutien, est un adulte blessé. Il faut briser ce cycle. »

Les enfants dans les zones de conflit vivent une double peine : ils subissent les violences des adultes et sont oubliés dans les solutions de paix. Les témoignages recueillis et les avis des spécialistes montrent l’urgence d’agir. Il ne s’agit pas seulement de sauver des vies, mais de protéger leur avenir. Investir dans leur accompagnement psychologique, leur offrir un accès à l’éducation même en situation d’urgence, les entourer d’amour et de stabilité : voilà les piliers pour reconstruire leur dignité. Protéger un enfant aujourd’hui, c’est préparer une société plus juste et plus humaine demain.

Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes

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