
La science a évolué, et des chercheurs ainsi que des ingénieurs en informatique ont créé des applications pour aider les humains à résoudre certains questionnements. Parmi elles figure l’intelligence artificielle (IA), qui transforme le monde, notamment dans le domaine de l’éducation. Les logiciels éducatifs basés sur l’IA identifient les lacunes et suggèrent des exercices ciblés. Aujourd’hui, les jeunes apprenants disposent de ces ressources intelligentes, capables de faciliter la compréhension, de personnaliser les parcours et de renforcer l’autonomie. Ce qui n’est pas toujours bénéfique, car l’IA représente un danger potentiel si son usage n’est pas responsable.
À Bukavu, un élève d’une école secondaire, approché par un reporter de Watoto News, déclare avoir déjà découvert l’IA et l’utiliser régulièrement. Grâce à elle, dit-il, il apprend beaucoup sans fournir beaucoup d’efforts :
« Il n’y a pas si longtemps, l’intelligence artificielle, en tout cas pour moi, c’était un peu comme un mystère. Pour faire mes recherches ou mes devoirs, je devais toujours aller à la bibliothèque. C’était parfois long et compliqué. Cet outil répond à toutes les questions. Que ce soit en culture générale, en maths, en langues ou même dans d’autres matières, ces applications sont là pour nous aider. »
Avis contraire d’un autre élève finaliste, qui peint un tableau sombre en qualifiant l’IA de bombe à retardement :
« J’ai remarqué que presque tout le monde commence à utiliser ces applications tout le temps à l’école. Certains de mes collègues ne lisent plus de livres, ne fréquentent plus les bibliothèques et ne cherchent plus à apprendre par eux-mêmes. C’est comme si ces applications faisaient tout le travail à leur place », regrette cet élève en phase terminale.
Pour Pascal Bisimwa, parent de son état, l’usage non encadré de l’IA comporte de graves risques pour les enfants :
« Je suis pour l’intégration des technologies dans nos vies, notamment l’IA, mais pas au point de tomber dans la paresse intellectuelle. Nous, à notre époque, avons étudié sans l’intelligence artificielle. On peut l’utiliser pour améliorer notre travail, mais elle ne remplace pas nos connaissances. C’est dangereux pour nos enfants, car ils n’ont pas encore terminé leur cycle d’apprentissage. En conséquence, l’IA peut réduire leur esprit critique, encourager la paresse intellectuelle et nuire à la maîtrise réelle des savoirs. En l’absence de l’IA, ces enfants peuvent devenir vulnérables », souligne ce père de famille.
L’IA est un outil prometteur pour l’apprentissage, mais son efficacité dépend de l’encadrement pédagogique. Il est essentiel d’éduquer les jeunes à un usage responsable, critique et éthique de ces technologies.
Deogratias Kulila, volontaire pour les enfants et les jeunes, depuis Bukavu
