
Ce 12 juin 2025, à l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, Loni Irenge Joël, journaliste et défenseur des droits de l’enfant au Sud-Kivu, a sensibilisé la communauté aux dangers que représente le travail des enfants pour leur santé physique, psychologique, ainsi que pour leur éducation et leur développement personnel.
Ce dernier, devant une foule nombreuse, a donné des exemples concrets de cette pratique :
« Par exemple, sur des chantiers, on observe des enfants qui transportent de lourds fardeaux parfois plus lourds qu’eux, d’autres sont exploités dans le commerce, avec tous les dangers auxquels ils sont exposés : accidents de circulation, délinquance. Il y a aussi des jeunes filles utilisées dans la prostitution. Ces enfants sont privés de leur droit à l’éducation, car le temps d’aller à l’école est consacré à ces activités »

Irenge déplore que, malgré la présence de lois et de textes garantissant la protection des droits de l’enfant, l’exploitation des mineurs dans les travaux lourds continue de prendre de l’ampleur dans la ville de Bukavu.
« La Constitution de 2006 de la RDC précise que l’enfant a droit à la protection, que sa vie est sacrée. Il doit être protégé contre tout ce qui peut nuire à sa dignité et à sa santé. Il y a aussi le Code du travail congolais qui interdit l’emploi de personnes de moins de dix-huit ans dans divers travaux, ainsi que la Convention relative aux droits de l’enfant qui proscrit toute forme de travail mettant en danger l’épanouissement, la santé et le développement de l’enfant », a-t-il ajouté.
Il lance un appel à la responsabilité des parents pour lutter contre cette pratique, tout en exhortant les enfants à prendre conscience des risques qu’ils encourent :
« Si nous trouvons des enfants dans ces activités ici à Bukavu, c’est parce que la plupart des parents ont abandonné leur responsabilité et ont laissé leurs enfants s’adonner à ces travaux pour subvenir à leurs besoins. Les employeurs doivent également engager des personnes majeures et ne pas profiter de la vulnérabilité des enfants. »

La lutte contre le travail des enfants reste un défi majeur à Bukavu, malgré les efforts de sensibilisation et les textes de loi existants. Elle nécessite une prise de conscience collective, une mobilisation des autorités, des familles et de toute la société pour garantir aux enfants un avenir digne, fondé sur l’éducation, la santé et la protection de leurs droits fondamentaux.
Rehema Namegabe Esther, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
