
Aujourd’hui dans le monde, des jeunes sont confrontés à un avenir incertain. Le chômage les frappe de plein fouet.
Les systèmes classiques les déçoivent, et les opportunités se font rares.
Pourtant, beaucoup ne baissent pas les bras. Ils décident de créer eux-mêmes leur propre voie. L’entrepreneuriat devient alors plus qu’un choix : une nécessité, une solution, un espoir.
À Bukavu, les jeunes se retroussent les manches
Certains jeunes de Bukavu ont décidé de se lancer, avec peu de moyens mais beaucoup d’idées.
Déborah, 23 ans – Livraison à domicile de poisson et de légumes
« Avec mes deux frères, on a lancé un petit projet de livraison de poisson du lac et de légumes frais. Les familles nous appellent, et on livre directement chez elles. C’est notre façon de gagner notre vie, tout en aidant la communauté. »

Bénitha, 24 ans – Livraison de braises
« Avec deux amis, on a mis en place un service de livraison de braises. On travaille surtout avec les mamans du marché. Grâce aux motards, les clients reçoivent leur commande rapidement. Et nous, on a un revenu. »
Grace, 22 ans – Jus naturels faits maison
« Avec quelques copines, on transforme des fruits locaux en jus qu’on vend dans les écoles et les bureaux. C’est bon, sain, et ça évite le gaspillage. »
Ces jeunes n’ont pas attendu des financements, des postes à l’État ou des miracles. Ils ont commencé petit, avec leur énergie, leur créativité, et leur volonté de changer les choses à leur niveau.
En lançant leurs projets, les jeunes ne cherchent pas seulement à survivre. Ils innovent, créent de l’emploi, et surtout, redonnent vie à leurs communautés.
Des parcours qui inspirent
Au delà de la RDC des exemples sont légions.
C’est le cas d’Ahmed Ngouh Mounchikpou, diplômé en physique. En 2022, il quitte la capitale camerounaise pour retourner dans son village. Contre l’avis de sa famille, il se lance dans l’agriculture. Un an plus tard, il cultive bananes plantains et macabo sur cinq hectares. Il a pu se former grâce à l’association Un diplômé, un champ, qui a déjà accompagné plus de 1 000 jeunes dans huit régions du Cameroun.

Autre histoire marquante : Gery Chris Ninahaza. Brillant diplômé en Angleterre, il refuse une carrière à l’étranger pour rentrer au Burundi. Là, il fonde une entreprise de construction, soutenue par les autorités locales. Aujourd’hui, il emploie près de 1 000 personnes sur les chantiers, et une trentaine de salariés dans les bureaux. Son objectif : contribuer, chez lui, au développement de tout un pays.
À travers ces exemples inspirants, on comprend mieux ce qu’est l’entrepreneuriat : c’est l’art de transformer une idée en action. C’est repérer une opportunité, prendre des risques, mobiliser des ressources, et surtout… ne pas attendre que quelqu’un d’autre vienne vous « donner du travail ».
Les experts le confirment
Tamika Cameron, de l’USAID-Maroc, le dit clairement : pour les jeunes, l’emploi est une priorité. Et l’auto-emploi, à condition d’être bien formé, est une voie crédible pour sortir du chômage.
Moussa Camara, qui a fondé l’association Les Déterminés en France, accompagne les jeunes des quartiers et zones rurales vers l’entrepreneuriat. Il propose des formations, du mentorat, un vrai accompagnement pour passer de l’idée au projet.
Même l’économiste Joseph Schumpeter avait sa définition : l’entrepreneur, c’est celui qui transforme une invention en innovation. Il bouscule l’ordre établi. Il détruit pour créer. Il avance.

Aujourd’hui, l’entrepreneuriat n’est plus réservé à une élite. Il devient une arme pour les jeunes qui veulent prendre leur avenir en main, surtout dans des contextes comme celui de Bukavu.
Avec un peu de formation, de confiance et de soutien, des milliers de jeunes peuvent devenir acteurs du développement local. Non pas demain. Mais dès maintenant.
Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
