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Dans le territoire de Kabare, en province du Sud-Kivu, là où les routes sont impraticables et les centres de santé éloignés, des enfants malades survivent grâce à une médecine discrète mais essentielle : les soins à domicile. Ce système, souvent improvisé par nécessité, devient pour de nombreuses familles la seule façon d’accéder aux soins.

Une réponse née de l’urgence

Rachel, 10 ans, vit dans les collines de Cibumbiro. Elle est atteinte de bronchite. Faute de moyens pour aller régulièrement à l’hôpital général de Miti, elle est constamment suivie par un infirmier mobile.
« On nous a appris à la surveiller de près et à lui administrer ses médicaments », explique sa mère. «Sans cela, elle ne serait plus en vie aujourd’hui. »

Dans de nombreux villages de Kabare, ce type d’intervention remplace progressivement les visites à l’hôpital, devenu inaccessible pour des raisons économiques et géographiques. La santé à domicile se développe ainsi de manière informelle, comblant les vides d’un système de santé que la population qualifie d’insuffisant.

Les agents communautaires en première ligne

Des infirmiers et relais communautaires, formés par des ONG locales, interviennent directement dans les foyers. Ils assurent le suivi des enfants malnutris, enseignent les gestes de base pour prévenir la diarrhée et le paludisme, et administrent même certains traitements.

Cependant, ces soignants improvisés manquent cruellement de moyens.
« Nous avons besoin de matériel, de formations continues et de soutien logistique », alerte un agent de santé de Miti-Murhesa sous anonymat. « Parfois, on soigne avec les mains nues, sans désinfectant. »

Un appui encore insuffisant

La santé à domicile n’est pas encore pleinement intégrée aux politiques sanitaires locales. Pourtant, selon quelques propos recueillis par Watoto News, elle pourrait sauver de nombreuses vies si elle bénéficiait d’un véritable appui.

« Beaucoup d’enfants décèdent de maladies évitables simplement parce qu’ils n’ont pas accès à un centre de santé. Il faut que l’État reconnaisse le rôle des soins à domicile et investisse dans leur structuration », plaide Mulinga Masumbuko Alfred, défenseur des droits humains en territoire de Kabare.

Des familles responsabilisées

L’un des atouts majeurs de cette approche est la responsabilisation des familles. « On nous a appris à reconnaître les signes de déshydratation et à désinfecter les plaies », raconte une mère approchée par votre média à Mudaka. Ces connaissances, souvent transmises lors des visites à domicile, font toute la différence.

La santé à domicile répond à une réalité incontournable : la majorité des enfants malades n’arrivent pas à l’hôpital. En misant sur cette approche, les autorités sanitaires pourraient révolutionner l’accès aux soins en milieu rural.

« À Kabare, la maison est devenue un centre de soins. Il ne reste plus qu’à en faire une priorité », concluent nos sources.

Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes à Kabare

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