
Au camp burundais de Musenyi, des milliers de réfugiés venus de la République démocratique du Congo s’entassent après avoir fui les violences causées par des groupes armés : tirs, massacres, maisons brûlées, brutalités extrêmes.
Depuis février, de nombreux enfants ont trouvé refuge au Burundi et vivent dans ce camp, où la baisse de l’aide humanitaire américaine fait craindre des révoltes à cause de la faim. Les enfants sont les premières victimes de cette situation, selon un rapport de l’Agence France-Presse (AFP).
« Quand je suis arrivé ici, on me donnait 3,5 kilos de riz par mois. Maintenant, c’est un kilo. Les 3 kilos de petits pois sont passés à 1,8 kilo. Ce que je reçois en sauce tomate dure un jour, puis c’est fini. Des enfants et des adolescents répètent qu’ils ont faim », confieb tristement un jeune réfugié, sous couvert d’anonymat à l’AFP pour des raisons de sécurité.

La réduction des rations alimentaires menace directement la survie des réfugiés, surtout celle des enfants, s’inquiète Oscar Niyibizi, administrateur adjoint du camp. Il dit « encourager les réfugiés à s’autonomiser en cultivant des terres autour du camp».
L’administration Trump a supprimé 80 % de l’aide humanitaire américaine. Or, les États-Unis finançaient à eux seuls plus de 40 % de l’aide mondiale. Comme aucun autre pays n’a pris le relais, plusieurs ONG et agences de l’ONU ont dû fermer ou réduire fortement leurs programmes, par manque d’argent.
Cette baisse d’aide est arrivée au pire moment, alors que les combats s’aggravent en RDC, souligne Geoffrey Kirenga, chef de mission de l’ONG Save the Children au Burundi.
Deogratias Kulila, volontaire pour les enfants et les jeunes (avec AFP)
