
Dans le quartier Cimpunda, en commune de Kadutu (Bukavu), une séance de sensibilisation à la prévention des conflits par la communication s’est tenue ce dimanche 1er juin 2025. Portée par l’ambassadrice de la paix Nayemire Chijabi Sifa, cette initiative s’inscrivait dans un stage post-démultiplication visant à renforcer les capacités des jeunes en matière de paix.
Organisée dans la Communauté Ecclésiale Vivante (CEV) « Shirika » d’Elila Kihembwe, l’activité a réuni une dizaine de jeunes filles issues de la communauté. L’objectif : leur transmettre les bases de la communication pour le développement comme outil de prévention des conflits dans les milieux communautaires et scolaires.
Sous le thème « Utilisation de la communication pour le développement comme moyen de consolidation de la paix », la séance a formé ces jeunes filles, futures ambassadrices, au rôle central de la communication dans la gestion des tensions sociales.
Deux intervenantes venues de Bukavu ont animé les échanges, mettant l’accent sur les dimensions participatives et transformatrices de cette forme de communication. Selon Nayemire Chijabi Sifa, il s’agit d’impliquer la communauté dans l’identification des problèmes, la recherche de solutions et leur mise en œuvre collective.
« Il faut identifier ensemble les problèmes, proposer des solutions réalistes et œuvrer collectivement à leur réalisation, à travers une communication orientée vers le changement de comportement », a-t-elle expliqué.
Les participantes ont découvert divers outils de communication : dialogues sociaux, émissions radio, sensibilisations interpersonnelles, affiches, etc.
« Avant cette activité, je ne savais pas que la communication pouvait prévenir les conflits. Maintenant, je comprends que ce qu’on dit, comment et quand on le dit peut tout changer. Je veux apprendre davantage pour aider ma famille et mon quartier », a confié Imelda K., 18 ans.
L’importance du moment de la communication a aussi été soulignée : avant (prévention), pendant (apaisement), et après les conflits (réconciliation).
« Ce qui m’a marquée, c’est l’impact des canaux traditionnels comme les chansons ou le théâtre. Je pensais que seules la radio ou la télé comptaient, mais une chanson dans notre langue peut toucher profondément », a témoigné Clarisse M., 20 ans.

Les causes fréquentes des conflits, mauvaise communication, incompréhensions, ainsi que leurs conséquences (marginalisation, rupture du lien social) ont également été abordées. La facilitatrice a su créer un climat d’écoute propice à la participation.
« En tant qu’ambassadrice déjà engagée, j’ai trouvé cette session très enrichissante. C’était l’occasion de partager mes acquis avec d’autres. Je suis fière de leur motivation », a déclaré Rachel N., 21 ans.
À l’issue de l’atelier, les participantes ont recommandé la multiplication de telles initiatives dans d’autres quartiers pour ancrer une culture de paix durable.
Un stage réussi, marqué par un fort engagement des jeunes filles, décidées à devenir actrices du changement dans leurs communautés.
Kweli Birindwa, volontaire pour les enfants et les jeunes chez Watoto News
