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La Journée mondiale de l’hygiène menstruelle est commémorée chaque 28 mai afin de sensibiliser la population sur la précarité menstruelle et les risques qui en découlent.

Celle-ci est une occasion particulière de consentir assez d’efforts pour contrer les risques de maladies potentiellement mortelles qui résultent du non-respect de l’hygiène menstruelle chez la femme et surtout la jeune fille.

Dans le territoire de Kabare, en province du Sud-Kivu, de nombreuses jeunes adolescentes sont confrontées à cette précarité.
Watoto News a recueilli les récits de jeunes filles et d’acteurs de santé concernés par cette problématique.

Cette situation vient s’ajouter aux difficultés économiques et sociales auxquelles elles sont déjà exposées.

Les attitudes négatives, l’insuffisance d’accès à l’éducation et à une information fiable, ainsi que la crise économique pendant la période des menstrues, exposent les jeunes filles à des risques bien plus graves.

Selon les témoignages reccueillis, pour faire face aux prix élevés des produits d’hygiène, certaines sont obligées d’adopter des méthodes rudimentaires et dangereuses pour leur santé.

Elles fabriquent des protections à base de papier toilette, de linges sensibles ou utilisent des feuilles de plantes.

Feza Bahati, 16 ans, a partagé son témoigne :

« J’ai eu mes premières règles à l’âge de 13 ans. Dès lors, ma mère m’a appris à faire des linges en pagne pour me mettre en sécurité pendant ma période des menstruations. Souvent, mon cycle est irrégulier.
Je vois donc mes règles sans que je ne m’y prépare ou m’y attende. Pour m’adapter, j’utilise n’importe quel tissu qui se présente : les feuilles des arbres ou les papiers que je plie et double pour enfin le placer la où il faut. »

Certaines familles continuent ces pratiques par ignorance, influencées par des croyances et des idées fausses sur les produits hygiéniques appropriés.

Un professionnel de santé basé à Miti-Murhesa a confié à Watoto News :

« Ces tissus, souvent peu adaptés aux flux sanguins, peuvent causer de graves troubles physiques, notamment des démangeaisons, des infections, mais aussi un syndrome du choc toxique pouvant aller jusqu’à la mort. »

Bien qu’elles soient naturelles et signes de maturité, les menstruations restent perçues comme sales et honteuses.
Les jeunes filles ayant difficilement accès à l’éducation menstruelle font face à de véritables traumatismes.
Cette situation les met en péril, petit à petit.
Elles perdent confiance en elles et peinent à se réinsérer dans leur environnement scolaire ou social.

Le manque d’installations d’hygiène adéquates et d’infrastructures de base aggrave leur insécurité. Certaines sont contraintes d’aller à l’air libre pour gérer leurs menstruations,
ce qui les expose à des dangers à la fois physiques et psychologiques.

Cette précarité comprend également le coût élevé des antidouleurs, souvent inaccessibles.

Pour faire face à l’ensemble de ces problèmes liés aux règles, les specialistes contactés par Watoto News recommande deux axes d’intervention :
agir sur les causes profondes de la pauvreté et briser le silence en multipliant les séances d’éducation adaptées, notamment dans l’est de la RDC, où l’instabilité sécuritaire accentue la précarité menstruelle.

Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes

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