
À Mwenga-Kamituga, dans le territoire de Mwenga, les élèves des écoles publiques se retrouvent une fois de plus sans enseignants. Depuis ce mardi 27 mai 2025, une grève sèche a été déclenchée par le corps enseignant, plongeant les enfants dans un sentiment de frustration et d’abandon.
Selon les observations de Watoto News, plusieurs enfants présents aux abords des écoles manifestent un profond mécontentement face à cette situation qui les prive de leur droit fondamental à l’éducation. Leur présence régulière aux portes des établissements montre leur volonté d’apprendre, malgré les cours suspendus.
Cette grève, menée dans la province éducationnelle Sud-Kivu 3, fait suite au non-paiement de trois mois de salaires par la Caritas Uvira, organisme chargé de la rémunération des enseignants. Dans un communiqué publié après leur assemblée générale du 25 mai à l’École Primaire Tima, les enseignants dénoncent la « mauvaise foi » de la Caritas, qu’ils accusent de conserver leurs salaires sans fournir de justification.
Interrogés sous anonymat, plusieurs enseignants témoignent d’une précarité grandissante et d’un sentiment d’abandon. L’un d’eux confie, visiblement ému: « Nous ne demandons pas l’aumône, mais notre droit. »
En guise de protestation, les enseignants ont décidé de suspendre non seulement les cours, mais aussi toute participation aux activités liées aux examens de fin d’année, y compris les épreuves certificatives. Ils appellent les parents à garder leurs enfants à la maison, tout en réaffirmant leur attachement au droit à l’éducation. Ils déclarent dans leur communiqué : « L’école ne peut pas fonctionner si la dignité de l’enseignant est bafouée. Le salaire est sacré. »
Les grévistes exhortent la Caritas Uvira à prendre ses responsabilités sans délai afin que les enfants de Mwenga-Kamituga ne paient pas le prix de cette crise. Ils appellent également les autorités à intervenir pour garantir à la fois l’éducation des enfants et la dignité des enseignants.
Par Kweli Birindwa , volontaire Watoto News
( Avec la contribution de Jordan Amani)
