
Dans les rues poussiéreuses du quartier Nkafu, sur avenue Georges Defour, commune de Kadutu, de nombreux enfants et ados arpentent chaque jour les dépotoirs, les caniveaux et les bords de route à la recherche de bouteilles en plastique.
Leur choix est porté en particulier sur celles de 1,5 litre.
Une question de survie pour ces enfants et ados.
Ces bouteilles, revendues pour quelques francs congolais, permettent à certains enfants de se procurer de quoi manger ou d’apporter un soutien à leur famille.
Ils parcourent plusieurs kilomètres, souvent pieds nus, exposés à la circulation, aux maladies et aux violences pour collecter assez de bouteilles à revendre.
Cette réalité constitue une violation flagrante de la convention relative aux droits de l’enfant, notamment l’article 32, qui engage les États à protéger les enfants de toute forme d’exploitation économique. L’article 27, quant à lui, garantit à chaque enfant un niveau de vie suffisant pour son développement global.

Pourtant à Bukavu, ces droits restent largement bafoués. L’absence d’accès à l’éducation, à la sécurité sociale et à un environnement familial stable pousse ces enfants vers des pratiques risquées et humiliantes.
Moïse, 13 ans, croisé sur avenue Georges Defour, témoigne :
« Mes parents n’ont pas les moyens de payer ma prime à scolaire. Alors je passe mes journées à chercher des bouteilles plastiques d’un litre et demie. Je les revends à 50 francs congolais, la pièce.
Franchement, c’est difficile d’en réunir 20 par jour et le pire ce que dans cette recherche, certaines personnes pensent qu’on est des enfants de la rue. »
Il est urgent que les autorités locales, les ONG et le gouvernement congolais renforcent leurs interventions pour garantir aux enfants l’accès gratuit à l’éducation au secondaire, l’accès à la santé et à un environnement sécurisé.
Un enfant contraint de survivre en ramassant des bouteilles est un enfant privé de son droit à l’enfance.
Jean de Dieu Akonkwa, Volontaire pour les enfants
