
Entre février et mai 2025, plus de 100 cas de mariages précoces et forcés ont été signalés dans le territoire de Fizi et la ville de Baraka, situés dans la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo. Selon un rapport de la Société Civile des Compatriotes Congolais (SOCICORDC), les statistiques varient entre 135 et 255 filles de moins de 18 ans contraintes au mariage durant cette période.

Cette enquête, menée discrètement entre le 15 février et le 9 mai, met en lumière une situation alarmante exacerbée par l’insécurité persistante dans l’Est du pays. La SOCICORDC souligne que la peur de la violence, y compris les agressions sexuelles, pousse certaines familles à marier leurs filles précocement, souvent à des hommes armés sans distinction.
Le président de la SOCICORDC à Baraka, Kakozi Tchakubuta Jojongonda, exprime une vive préoccupation face à cette recrudescence des mariages précoces, notamment dans les hauts et moyens plateaux de Fizi, à Minembwe, Kalingi, Rugezi, Bigaragara, Kitumba, Aele, ainsi que sur l’axe routier de Mwenga, incluant les villages d’Ananda, Mkela, Ecùla, A’amba, Na’e’hele, Lùsùkù, Lùmanya et ‘Wa’mléma. La partie littorale du lac Tanganyika est également concernée.

Face à cette situation, la SOCICORDC appelle à une mobilisation urgente des leaders communautaires, politiques et humanitaires pour protéger les droits des enfants dans ces zones. L’organisation exhorte également les porteurs d’armes à rejeter fermement les mariages précoces et les violences sexuelles infligées aux jeunes filles en âge scolaire.
Ces pratiques constituent une violation grave des droits des enfants, compromettant leur santé, leur éducation et leur avenir. Il est impératif que des mesures concrètes soient prises pour mettre fin à ces abus et garantir un environnement sûr et propice au développement des jeunes filles dans la région.
FAMURE FARAJA
