
Dans le territoire de Kalehe, en province du Sud-Kivu, des centaines d’enfants déplacés vivent actuellement sans accès aux vaccins essentiels, en raison de l’insécurité qui règne dans la région. Ces enfants, déjà fragilisés par les conflits, sont désormais exposés à des maladies évitables, faute de protection sanitaire adéquate.
Selon une information relayée par gorillafm, cette crise de santé publique est aggravée par l’instabilité sécuritaire qui rend difficiles, voire impossibles, les déplacements du personnel médical vers les centres d’approvisionnement. Dans certaines zones, notamment à Bunyakiri et dans le groupement de Ziralo, les infirmiers doivent parcourir à pied plus de 80 kilomètres pour se rendre au bureau central de la zone de santé à Bulambika afin de récupérer les vaccins.
Monsieur Katabana Monde, infirmier titulaire à Matutira et représentant des infirmiers de la zone de Ziralo, alerte sur la gravité de la situation. «Le transport est un problème majeur pour les agents de santé. Et même lorsqu’on parvient à acheminer des vaccins, les doses sont insuffisantes face au nombre croissant d’enfants à vacciner », explique-t-il.
Il évoque une explosion démographique dans plusieurs aires de santé, due à l’arrivée continue de familles déplacées.
Les structures sanitaires locales, déjà fragiles, manquent cruellement de moyens logistiques, de mobiliers médicaux et de personnel. Ces conditions précaires rendent encore plus difficile la prise en charge des enfants.
Dans les zones les plus touchées, comme à Ziralo, la présence des groupes armés limite l’accès humanitaire, isolant des communautés entières.
Les conséquences sont alarmantes: faute de vaccination, ces enfants restent exposés à des maladies graves telles que la rougeole, la poliomyélite ou encore le tétanos. Le risque d’épidémie est bien réel si des mesures urgentes ne sont pas prises.
Cette réalité va à l’encontre de l’article 38 de la Loi portant protection de l’enfant en RDC, qui stipule :
«Tout enfant a droit à la jouissance du meilleur état de santé physique et mentale possible et à des services médicaux et de rééducation.
L’État prend les mesures nécessaires pour assurer à l’enfant et à sa mère les soins médicaux appropriés, en particulier pendant la période précédant et suivant immédiatement la naissance.»
Elle viole également l’article 24 de la Convention internationale des droits de l’enfant, qui reconnaît à chaque enfant « le droit de jouir du meilleur état de santé possible » et oblige les États à garantir l’accès aux soins préventifs, notamment la vaccination.
Face à cette urgence, Monsieur Katabana appelle les ONG et les partenaires du Programme élargi de vaccination (PEV) à intervenir rapidement. Il plaide pour un approvisionnement suffisant en vaccins, la mise à disposition de moyens de transport pour les agents de santé, et une assistance humanitaire renforcée dans les zones d’afflux de déplacés.
À Kalehe, la guerre ne tue pas que par les armes. L’insécurité prive aussi les enfants de leur droit fondamental à la santé.
Par Pascal Marhegane Ki-Moon (PMK), volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu ( avec Gorilla FM)
