
Luhihi, une localité du territoire de Kabare au Sud-Kivu, est actuellement frappée par une épidémie silencieuse mais meurtrière : le choléra. Depuis plusieurs jours, les cas se multiplient, affectant particulièrement les enfants, qui représentent une population vulnérable face à cette maladie d’origine hydrique.
La situation sur place est alarmante. Le manque d’accès à l’eau potable est désigné comme la principale cause de cette flambée épidémique. Les rivières et marigots, qui sont devenus les principales sources d’approvisionnement en eau pour la population, sont largement contaminés, accélérant ainsi la propagation du choléra.
Le Dr Jean-Paul Bagalwa, médecin au centre de santé de Luhihi, alerte sur la gravité de la situation :
« La situation est inquiétante. En moyenne, nous recevons 10 à 15 cas par jour, dont plus de la moitié sont des enfants de moins de 10 ans. Le manque d’eau propre aggrave tout. Il est urgent que les autorités interviennent pour renforcer l’accès à l’eau potable et fournir des intrants médicaux. »
Dans plusieurs ménages de Luhihi, des enfants présentent les symptômes caractéristiques de la maladie : diarrhées aiguës, vomissements et déshydratation sévère. Les structures de santé locales, souvent sous-équipées, peinent à répondre à la demande croissante. Faute de lits disponibles et de kits de réhydratation orale, des enfants sont parfois soignés directement sur le sol des centres de santé.
La population de Luhihi, déjà fragilisée par des années de précarité, se trouve dans l’incapacité de faire face seule à cette épidémie. Les habitants lancent un appel urgent aux autorités sanitaires provinciales, soulignant que sans une intervention rapide et adaptée, l’épidémie risque de faire de nombreuses victimes, particulièrement parmi les plus jeunes.
Par Alliance Birhange
