
Dans une province marquée par l’instabilité et les tensions sécuritaires, le rire reste pour de nombreux enfants un appui psychologique et un moyen pour garder la bonne humeur malgré un contexte qui dépasse leur niveau d’entendement.
« Quand je ris, j’oublie mes soucis », témoigne à Watoto News un élève de Bukavu.
Il s’agit de Raphaël Masumbuko, 10 ans, qui confie :
« Quand je ris, j’oublie mes soucis. Même après une mauvaise journée, une petite blague ou un jeu avec mes amis me remonte le moral. Le rire me donne de la force, il me rend heureux. J’aime rire parce que cela fait du bien à mon cœur et me rapproche des autres. »

Dans un quotidien souvent marqué par la peur, l’ennui ou la précarité, Raphaël illustre la manière dont le rire devient un refuge et une forme d’énergie positive à partager.
Un outil de guérison émotionnelle et sociale
Dans une documentation faites par Watoto News, il ressort que le rire, lorsqu’il jaillit, détend le corps, améliore la respiration, stimule le cœur et libère des hormones bénéfiques.
Pour un enfant, il agit comme un bouclier contre le stress et l’anxiété.
Dans les foyers comme dans les écoles, il instaure un climat propice à l’apprentissage et au bien-être. Il n’est pas seulement distraction, ou acte bénin sans signification, mais plutôt une force qui unit sans violence et enseigne sans blesser.
Une veuve de six enfants, rencontrée par Watoto News à Bukavu, témoigne également que le rire l’aide à maintenir une bonne ambiance avec ses enfants.
«Quand je ris, mes enfants rient aussi. Même les jours difficiles deviennent plus légers. Mon rire leur donne confiance, les rassure et leur apprend qu’il est possible de garder la joie dans le cœur malgré les problèmes.»
Le rire facilite l’apprentissage
Dans les écoles du Sud-Kivu, où les conditions sont souvent difficiles, le rire joue un rôle essentiel, tant pour les élèves que pour les enseignants. Il crée une atmosphère détendue qui facilite la participation en classe, réduit la peur de l’échec et renforce la confiance en soi. Pour les enseignants, l’humour est aussi un moyen de gestion de classe efficace et une source de soulagement face à la pression quotidienne.
Les contes, devinettes, sketchs et chansons utilisés dans l’enseignement traditionnel africain sont autant de formes d’humour pédagogiques. Ils stimulent la mémoire, renforcent les liens entre élèves et créént un cadre d’apprentissage détendu.
Le pouvoir thérapeutique du rire
Watoto News s’est également intéressé aux travaux de Belachew Girma, thérapeute éthiopien spécialisé dans le rire. Selon lui, « un enfant qui rit apprend à regarder la vie avec espoir, même dans les moments difficiles. » Son approche, fondée sur l’humour comme libération émotionnelle et outil de soin, inspire aujourd’hui de nombreux éducateurs et travailleurs sociaux à travers le continent.
Cette étudie démontre combien le rire à un moment difficile aide l’enfant à surmonter les épreuves.

En cette période d’insécurité, d’incertitude et de pauvreté, encourager le rire chez l’enfant n’est pas une futilité. C’est un acte éducatif, thérapeutique et profondément humain. À la maison comme à l’école, il crée du lien, renforce la santé mentale et ouvre une porte vers l’épanouissement. Le rire est gratuit, mais il soigne. Il donne de la force sans violence, il enseigne sans contraindre.
Rire, c’est résister. Rire, c’est espérer.
Clarisse Zihalirwa, Volontaire pour les enfants et les jeunes
