
Chaque 8 mai, la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est l’occasion de rendre hommage à l’engagement humanitaire des volontaires de ces organisations à travers le monde. Au Sud-Kivu, cette journée prend un sens tout particulier. Dans une province marquée par l’insécurité, les catastrophes naturelles et la pauvreté, nombreux sont les acteurs sociaux qui saluent le rôle fondamental de la Croix-Rouge, présente sur le terrain aux côtés des plus vulnérables.
La mission de la Croix-Rouge repose sur sept principes fondamentaux : humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité. C’est notamment grâce à l’engagement de ses volontaires, en majorité jeunes, que cette organisation parvient à agir efficacement dans les situations d’urgence. Dans les quartiers de Bukavu comme dans les zones rurales du Sud-Kivu, ces volontaires interviennent souvent dans des conditions difficiles, trop exposés aux dangers, mais leur impact est immense.

À Bukavu, une habitante de Bagira raconte : « Pendant cette période sensible, tout le monde a tendance à fuir. La Croix-Rouge, elle reste toujours disponible pour secourir les gens malgré des risques en situation des conflits armés. Comme récemment, les volontaires ont ramassés de corps dans la ville et sont venus les enterrés ici avec dignité, même des gens blessés à la fin du meeting du M23, ils les ont aidés sans distinction . »
À Goma, en cette période sensible, le CIRCR a joué un rôle important dans le rétablissement du courant électrique et de l’eau potable.
« En février, après les bombardements, la ville était plongée dans le noir. On ne savait pas quand le courant reviendrait. C’est le CICR qui a appuyé la réparation des lignes. En quelques jours, aidé par les volontaires de la Croix Rouge, l’électricité est revenue dans notre quartier. On avait perdu espoir, mais ils ont réagi vite. » témoigne un habitant de Goma joint par téléphone.
Pour Innocent Zihalirwa Nyakura, juriste de formation et acteur social engagé au Sud-Kivu, l’action de la Croix-Rouge dans la région doit servir d’exemple. Il appelle particulièrement les jeunes à s’inspirer de cette mission humanitaire:
« Ce que fait la Croix-Rouge, surtout en cette période de crise, est une école pour la jeunesse. Nos jeunes doivent sortir du silence et s’engager dans le volontariat. C’est ainsi qu’ils deviendront des bâtisseurs de paix et des défenseurs de la dignité humaine. »
En cette Journée mondiale, un message fort doit être lancé. Derrière les statistiques et les rapports, il y a des familles déplacées, des enfants traumatisés, des villages oubliés. La Croix-Rouge agit, mais elle ne peut pas tout faire seule. C’est pourquoi cette journée ne devrait pas être un simple moment de commémoration, mais un appel à l’action. Appel aux autorités pour un soutien accru à l’humanitaire. Appel à la communauté internationale pour ne pas détourner le regard. Et surtout, appel aux citoyens congolais à faire preuve de solidarité.
Aujourd’hui plus que jamais, il est impératif de soutenir ceux qui souffrent dans le silence, d’encourager ceux qui se battent sans relâche, et de bâtir, ensemble, une société où l’humanité l’emporte sur la résignation.
Pascal Marhegane Ki-Moon (PMK), volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu
