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Il est difficile de parler des jeunes sans évoquer les réseaux et medias sociaux. À Bukavu comme ailleurs, Facebook, WhatsApp, TikTok ou Instagram font partie du quotidien. Pour certains jeunes, ces plateformes sont devenues un second monde : un lieu où l’on s’informe, où l’on s’exprime, où l’on rêve. Mais derrière l’écran du téléphone, tout n’est pas toujours positif.

Les réseaux sociaux ont ouvert de nouvelles portes. Ils permettent à de nombreux jeunes de faire entendre leur voix, de s’engager, d’apprendre, de créer ou de tisser des liens au-delà des frontières. Des campagnes de sensibilisation, des vidéos éducatives ou des initiatives communautaires sont aujourd’hui visibles en un clic. Des jeunes utilisent leur compte pour défendre les droits humains, dénoncer des injustices ou sensibiliser sur des causes comme l’environnement ou la santé mentale.

Gulain a 16 ans, élève en 4e secondaire, confie qu’il passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux « J’ai appris beaucoup de choses sur les réseaux sociaux. Je suis un compte qui parle des droits des enfants et ça m’a motivé à devenir plus engagé. Mais parfois aussi, je me rends compte que je passe trop de temps dessus. Je me couche tard et ça me fatigue à l’école. », affirme -t-il.

Mais ces plateformes peuvent aussi devenir des pièges. Certains jeunes y passent des heures parfois jusqu’à tard dans la nuit, au point de négliger leurs études, leur sommeil ou leurs relations réelles. D’autres tombent dans la comparaison permanente : la beauté, la richesse et le bonheur mis en scène par certains influenceurs leur font croire qu’ils ne sont “pas assez à jour ou pas vraiment dans leurs peaux ”. Cela peut entraîner de la frustration, de l’anxiété ou une baisse de l’estime de soi.

Jolie a 18 ans, accro sur instants, un jour, elle a vécu la frustration de sa vie
« Un jour, j’ai posté une photo de moi et il y a eu des commentaires moqueurs sur mon corps. J’ai supprimé le post, mais ça m’a blessée. Depuis, j’ai peur de m’exprimer en ligne. Pourtant, j’aime partager ce que je fais. », confie -t-elle a Watoto News l’air déçue.

Derrière le sourire sur les selfies, de nombreux jeunes souffrent en silence. Le besoin de likes, de commentaires ou de vues devient une obsession. Certains se sentent « invisibles » s’ils ne sont pas actifs en ligne. D’autres se font harceler ou humilier publiquement à travers des commentaires violents. Des jeunes ont même abandonné l’école ou sombré dans la dépression à cause d’un cyberharcèlement non pris au sérieux.

Il est temps que les parents, les enseignants, les éducateurs et même les responsables politiques prennent au sérieux l’impact des réseaux sociaux. Il ne s’agit pas de diaboliser ces outils mais d’accompagner les jeunes à les utiliser avec discernement. Former à l’esprit critique, instaurer le dialogue et créer des espaces d’écoute : voilà ce dont nos jeunes ont besoin.

Les réseaux sociaux ne sont pas une fatalité. Ils peuvent être un outil de transformation à condition d’être bien compris et bien utilisés. Les jeunes méritent d’être accompagnés dans ce monde numérique pour qu’ils puissent y évoluer sans s’y perdre. Éduquer à l’usage responsable des réseaux sociaux c’est investir dans un développement sain, équilibré et durable de notre jeunesse.

Louise Bibentyo

Louise Bibentyo

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