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Dans un contexte où de nombreux enfants grandissent sans structures adéquates pour leur épanouissement personnel et spirituel, l’initiative d’un groupe musical catholique à Bukavu rappelle l’importance d’offrir à la jeunesse des repères solides, au-delà des murs de l’école.

À Karhale, dans la commune de Kadutu, les enfants passent souvent du banc de l’école à la maison, sans réelle opportunité d’expression, d’engagement communautaire ou de développement personnel. Les espaces où ils peuvent explorer leur potentiel et s’épanouir en foi sont rares. Ce manque est aggravé par des initiatives éducatives alternatives limitées, la réticence des parents à laisser leurs enfants s’ouvrir au monde extérieur, et une communauté parfois peu consciente de sa responsabilité envers l’éducation intégrale des jeunes.

C’est dans ce vide que le Chœur Saint Jean de la Croix a vu le jour le 3 avril 2022, au sanctuaire Notre-Dame du Mont Carmel de Karhale, soutenu spirituellement par le Père Jean-Marie Bukasa Malu. Ce groupe homogène, composé de garçons âgés de 6 à 14 ans et encadré par des jeunes de 15 à 25 ans, a pour mission d’initier les enfants à la proclamation de la Bonne Nouvelle et à la culture de la paix. Actuellement, il compte 87 membres actifs.

« Ce n’est pas qu’un chœur, c’est un espace d’espérance où l’enfant apprend à s’ouvrir au monde et à Dieu », explique Cimos Aganze Christian, directeur du chœur.

Les répétitions se tiennent trois fois par semaine, offrant aux enfants l’occasion d’apprendre à chanter, écouter, vivre ensemble et prier. C’est un véritable espace d’expression où la foi prend vie.

Bon-Temps Rhugendabanga, âgé de 10 ans, témoigne avec enthousiasme : « J’aime beaucoup chanter dans le chœur. Grâce aux répétitions, j’ai appris à mieux m’exprimer, à écouter les autres et à prier. J’aimerais que tous les enfants puissent aussi vivre ça. »

Pour les encadreurs, cet engagement représente un véritable acte communautaire. Bertin Bwisse, 25 ans, partage son expérience :

« Encadrer les enfants du chœur m’a appris la patience et la responsabilité. Je les accompagne non seulement pour la musique, mais aussi pour qu’ils aient confiance en eux et soient actifs dans la société. »

Un accompagnement qui porte ses fruits : Madame Aziza Lorraine, mère de Josaphat, témoigne :

« Depuis que mon fils a intégré le chœur, je constate un vrai changement : il est plus calme, il parle avec maturité et il aime prier. Je remercie les jeunes qui les encadrent ; ils sont un véritable exemple. »

Depuis sa création, le chœur a organisé deux concerts majeurs : Pax in Mondo en janvier 2023 et Pacem in Dei en janvier 2024. Il a également mené un apostolat au centre psychiatrique Sosame.

Pour célébrer ses trois ans d’existence, une prière chantée est prévue ce dimanche 11 mai 2025 afin de confier au Seigneur la situation du pays. De plus, une tournée inter paroissiale ainsi que le lancement d’un chœur féminin et des camps éducatifs sont en préparation.

Malgré ses réussites notables, le chœur fait face à plusieurs défis : manque d’instruments de musique, absence de salle pour les répétitions souvent tenues en plein air et ressources financières limitées pour financer ses projets.

Pour Cimos Aganze Christian, le rêve reste intact : « Nous croyons que chaque enfant a quelque chose à offrir à Dieu et au monde. C’est pourquoi nous créons un espace où ils peuvent grandir dans la foi, l’expression artistique et la solidarité. Notre rêve est de toucher encore plus d’enfants. »

Fabien Bukuze, Volontaire pour les jeunes et les enfants au Sud Kivu

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