
Alors que la RDC célèbre la Journée nationale de l’Enseignement, la région de Walungu, dans la province du Sud-Kivu, vit une réalité tragique.
Autrefois paisible, ce territoire est désormais la cible desbaffontements entre les elements armés « Wazalendo » et l’Armée dite révolutionnaire du M23.
Cette situation rend impossible la scolarité dans certains axe de ce vaste territoire, transformant les écoles en zones de danger pour les enfants.
A Nyangezi, Kanyola, les rires des enfants qui, jadis, portaient fièrement leur uniforme sont etouffés, la situation securitaire rend l’ecole impossible.

Nadège, une élève de 5e primaire à Nyangezi, témoigne :
« Nous avons fui notre école après que des soldats se soient installés près du bâtiment. Ils prétendaient vouloir nous protéger, mais nos parents avaient trop peur. »
Signalons que depuis cet incident, les élèves n’ont jamais repris le chemin de l’ecole car nyangezi est devenu un champs de bataille. Les écoles primaires phares dont : L’EP Cihanda, EP Cibimbi, EP weza, EP Munya, EP Kamina, et les écoles secondaires dont: l’Institut Weza, Kamina, Nyangezi, Katudwe, Karibu, Nabaleke, Ngali, Kemihimbo, restent désertes.
À l’occasion de la Journée nationale de l’Enseignement, la voix des enfants victimes de cette crise éducative à Walungu s’élève.
En groupement de Walungu et Kaniola, les portes de plusieurs écoles sont encore fermées. C’est le cas des établissements comme l’Institut technique vétérinaire Maka, l’institut Malangiro, l’ecole primaire Chagala, l’Ep 2 Walungu, l’Edap Isp Walungu, l’institut pedagogique de Walungu, etc. Des situations qui perturbent les bleu et blancs de la zone.
Dans un vox pop réalisé à Walungu-centre, plusieurs élèves expriment leur désespoir.
Sylvain, 13 ans, confie : « J’aimais les mathématiques. Maintenant, je ne sais même plus lire correctement. Ça fait trop longtemps que j’ai quitté l’école. » Josiane, 15 ans, ajoute avec conviction : « Nous voulons la paix. Ce n’est pas juste que les enfants des villes étudient et pas nous. On mérite aussi une chance. »
Les parents partagent également cette frustration croissante. Une mère déplacée déclare avec amertume :
« Ce n’est plus une vie. Nos enfants n’ont plus d’avenir si ça continue. »
L’année scolaire 2024-2025 avait déjà mal commencé pour tous les élèves du Sud-Kivu, y compris ceux de Walungu. En septembre et octobre derniers, ils étaient restés chez eux en raison d’une grève des enseignants liée à des retards ou à des paiements inappropriés de leurs salaires.
La situation securitaire du moment pousse de nombreux enseignants à quitter les salles de classe pour chercher d’autres moyens de subsistance.
« Comment enseigner le ventre vide ? Nous avons aussi des enfants, » s’interroge Monsieur Kambale, instituteur dans une école primaire locale. « Même lorsque les élèves sont prêts à apprendre, il n’y a personne pour les encadrer ».
Face à cette crise éducative sans précédent, les autorités locales, en collaboration avec l’UNICEF et diverses ONG telles que SEV-RDC (Sauvons les Enfants Vulnérables en RDC), le Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE), Kujitegemea in Action (KUA) et Action des Volontaires pour la Solidarité et le Développement (AVSD), tentent d’établir des centres d’apprentissage temporaires et de distribuer des kits scolaires. Cependant, ces initiatives demeurent insuffisantes face à l’ampleur de la situation.
Certaines ecoles ont délocalisé leurs élèves vers d’autres sites un peu plus sécurisés. Avec l’implication de nouvelles autorités locales, Certaines écoles non situées directement sur des sites des affrontements ont ouverts timidements leurs depuis le 28 Avril dernier.
La Journée nationale de l’Enseignement devrait être un moment de célébration et de réflexion sur l’importance cruciale de l’éducation.
Si aucune action significative n’est entreprise rapidement, c’est toute une génération d’enfants de Walungu qui risque de perdre l’année scolaire 2024-2025.
Alliance Birhange
