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En RDC, la célébration de la Journée nationale de l’Enseignement, chaque 30 avril, soulève plus d’interrogations que de satisfactions.

Au-delà du suivi du calendrier scolaire qui mobilise les acteurs éducatifs à tous les niveaux, la réalité vécue par des millions d’élèves, d’enseignants et de parents dessine les contours des problèmes au quotidien que traverse ce secteur.
Cette date, censée inspirer l’espérance, nous confronte plutôt à une situation préoccupante où l’enseignement peine à avoir tous ses leviers pour jouer pleinement son rôle fondamental dans l’édification de la nation à travers la formation de l’homme.

Selon notre constat et s’appuyant surtout sur la situation du moment à l’Est de la RDC , aujourd’hui le système éducatif est à bout de souffle, fragilisé par l’indifférence politique, les réformes bâclées, et les problèmes sécuritaires du moment.

L’école qui était censé former des esprits éclairés et des bâtisseurs d’un Congo nouveau semble désormais n’être qu’un tremplin où la plupart des jeunes ne cherchent que comment avoir un diplôme , peu importe comment, et même si on est incapable de le défendre.
On va à l’école plus par habitude que par conviction. Les rêves d’enfants aspirant à devenir médecins, prêtres, enseignants ou ingénieurs se heurtent à des réalités accablantes : enseignants démotivés, infrastructures délabrées, absence d’outils pédagogiques, surcharge des salles de classe, promesses gouvernementales sans lendemain et bruits de bottes pour le cas spécifique de l’Est de la RDC.

Face à cet effondrement, les établissements publics apparaissent comme les grands oubliés de la République. Manquant cruellement de moyens et de suivi, ils continuent pourtant d’accueillir la majorité des enfants issus de familles modestes. Ces écoles devraient être la fierté du pays, mais elles sont abandonnées à leur triste sort. Quant aux établissements privés, ils deviennent parfois le seul refuge pour ceux qui peuvent payer, creusant ainsi davantage les inégalités sociales. L’éducation devient alors un luxe alors qu’elle devrait être un droit fondamental.
Mais ici aussi parler de luxe est un leure. L’Enseignant, hier homme respecté pour sa rigueur est pris en otage par un système qui veut qu’il se courbe parfois à la volonté de celui qui par son payement fait fonctionner l’école privé, c’est à dire le parent d’élève. Ainsi des élèves faibles passent de classe par arrangement pour ne pas perdre les effectifs et voire une école fermer boutique ! C’est des réalités inédites.
Avec un traitement modique, le pauvre enseignant vit sa passion et sa vocation comme un sacerdoce sans denier de culte.

Dans ce contexte difficile, l’enfant est la première victime. Non seulement il apprend dans des conditions indignes, mais il est également privé d’une scolarité normale et d’excellence ; exposé au stress, aux humeurs changeant de ses enseignants et parfois à l’humiliation qui affecte son développement personnel, sa confiance en soi et sa capacité à rêver.
Comment peut-il bâtir un avenir solide lorsque les fondations mêmes de son éducation sont fissurées ?

Pourtant, dans cette atmosphère pesante, il serait injuste de ne pas reconnaître la force de résilience des certains enseignants qui contre vents et marre tiennent leur craie avec amour, conscience et détermination. Ils tentent d innover et s’auto- forment pour redonner vie à l’éducation et mieux encadrer les enfants au sein de leurs communautés. Ce modèle d’enseignant acceptent sans brocher leurs conditions mais ne demandent ni charité ni pitié ; ils réclament écoute, considération et accompagnement. Chez eux, c’est la rigueur et le respect des normes d’enseignements.

En ce 30 avril, il est impératif de ne pas presenter que la face connue du metier d’enseignant, mais de faire connaitre les contraintes et defis du metier en ce jour . Il est temps de replacer l’éducation au cœur de nos priorités nationales pour que la relève soit efficace à tous les niveaux du pays .

Fabien Bukuze, volontaire pour les jeunes et les enfants au Sud-Kivu

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