
Le harcèlement scolaire entre élèves semble avoir pris des formes plus étendues au sein des établissements dans le territoire de Kabare, en province du Sud-Kivu. Ce phénomène, minimisé par les instructeurs, est souvent à l’origine d’échecs dans des écoles.
Les élèves s’infligent entre eux des violences physiques, verbales et morales sous les yeux impuissants des encadreurs.

Selon quelques témoignages recueillis par Watoto News, les enfants les plus jeunes, fragilisés par un traumatisme quelconque, timides et issus de familles indigentes, subissent de manière répétée des insultes, des moqueries, des bousculades, des coups et parfois même des chantages.
Abandonnés à leur sort, les victimes se sentent mal à l’aise ; elles développent en elles un dégoût qui les pousse à se concentrer moins sur leurs études.
Cubaka Ntabaro, âgé de 16 ans et élève en 8ème année, fait savoir qu’il a été victime de harcèlement scolaire pendant 2 ans, une situation qui lui a coûté deux redoublements dans sa classe. En proie à la dépression dès ses 11 ans, il témoigne :
« C’était il y a quelques années. Au début je trouvais que c’est peut-être rien de grave, mais après un groupe de personnes qui étaient mes collègues ont commencé à user de ma timidité pour me harceler physiquement et psychologiquement à chaque occasion. Ils me donnaient des surnoms banals pour se moquer plus tard et me bousculaient souvent sans raison. Cela m’a enfermé sur moi-même. À chaque fois, je me trouvais une excuse pour ne pas me rendre au cours. J’ai assez souffert avant d’en parler à mes parents pour que ça cesse et je peux vous assurer que ce sont toujours mes notes qui en pâtissaient. »
À en croire Maker Basila, un psycho-pédagogue, le harcèlement créerait un trouble de la mémoire car la victime risque de développer une phobie qui conduira à un absentéisme exagéré.
« Cela peut créer un échec scolaire significatif. Le harcèlement peut rendre l’enfant distrait puisque celui-ci aura des lésions dues aux traumatismes », a-t-il indiqué. Il ajoute que parfois les enfants auteurs de harcèlement veulent soit s’intégrer, soit ont besoin d’attention ou tentent simplement de gérer des émotions complexes. C’est pourquoi des séances d’instruction doivent se tenir des deux côtés car la victime et le harceleur souffrent tous.
Ce scientifique propose également la formation d’une communauté protectrice composée de professionnels et de personnels en faveur des élèves, ainsi qu’une intervention efficace sur les situations de harcèlement et une collaboration entre parents, enseignants et élèves pour mettre fin aux pratiques de harcèlement en milieu scolaire qui touchent certains enfants dans le territoire de Kabare.
Pour votre gouverne, la Convention internationale des droits de l’enfant stipule dans ses articles 2 et 3 que tous les enfants du monde sont égaux et doivent être protégés contre la violence, la discrimination et la maltraitance. Tout enfant doit pouvoir bénéficier de la même instruction et aller à l’école dans un environnement favorable à son apprentissage (cf. article 28 de la CIDE). L’article 19 de la même convention met en lumière la protection de l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte et de brutalité physique ou morale.
Yseult Lwango, volontaire pour les enfants à Kabare
