
Le 26 avril marque la célébration de la Journée mondiale de la propriété intellectuelle, une journée dédiée à la sensibilisation sur l’importance de la protection des créations de l’esprit et leur rôle essentiel dans le développement économique et culturel.
À cette occasion, WatotoNews s’est approché d’un jeune artiste pour comprendre le sens qu’il accorde à cette journée.
Placide Mulanga, jeune artiste compositeur, interprète, chantre gospel et propriétaire d’un studio d’enregistrement à Miti, explique à Watoto News qu’à travers ses chansons, il transmet des messages de foi, d’espoir et de transformation sociale. Pourtant, l’exercice de son art dans le territoire de Kabare est semé de défis.
« Faire de la musique ici n’est pas facile. Nous manquons de soutien, du matériel, et nos œuvres sont souvent utilisées sans notre accord. La propriété intellectuelle est ignorée par beaucoup. Mais je reste motivé parce que je crois que l’art peut changer notre communauté. J’invite les jeunes de Kabare à s’impliquer, à créer, à croire en leur talent. L’art peut contribuer au développement de notre territoire, si nous apprenons à protéger ce que nous faisons et à valoriser les oeuvres de l’esprit produit par les talents locaux. » témoigne Placide Mulanga.

Cette année, le thème de la journée de la propriété intellectuelle est « au rythme de la propriété intellectuelle ».
Quel est justement ce rythme en territoire de Kabare?
Rodrigue Munguakonkwa, président du Cadre de Concertation de la Société Civile du territoire de Kabare, pense que les jeunes doivent être perseverer dans la creation intellectuelle et artistiques à Kabare et que leurs oeuvres soient valorisées.
« Nos jeunes doivent comprendre que la véritable richesse du territoire de Kabare ne réside pas uniquement dans nos ressources naturelles, mais aussi dans la créativité et l’innovation des individus.
La propriété intellectuelle est l’un des moyens par lesquels nos idées et créations peuvent avoir un impact concret et être protégées. L’éducation est la base de cette transformation. D’où nous en appelons aux partenaires éducatifs et culturels à soutenir l’industrie créative des jeunes à Kabare.
Nous encourageons également nos jeunes artistes qui produisent des oeuvres malgré un contexte de précarité à perseverer, se faire enregistrer aux près des instances habilitées de la Division de la culture à Bukavu pour avoir leur carte d’artiste et faire protéger leurs œuvres.

À la population de valoriser le travail des nos talents locaux en achetant l’art produit localement. C’est un signe de respect et un moyen de renforcer notre économie locale « a martelé ce leader des jeunes kabarois.
De son coté Didier Ngondo, un jeune de Miti, estime que la notion de propriété intellectuelle reste un concept peu connu, et que le Ministère provincial en charge de la culture au Sud Kivu aux cotés des partenaires financiers qui appuyent ce secteur, devrait davantage vulgariser ce concept surtout en milieu rural car il a toute son importance dans le processus de valorisation des idées, des productions artistiques et mêmes littéraires de notre province.
« Nous avons beaucoup de talents à Kabare, mais peu d’entre nous savons comment protéger nos créations. Cette journée me fait réaliser qu’il est essentiel de comprendre comment nos idées peuvent être valorisées et protégées légalement. Cela ouvre des portes pour ceux d’entre nous qui souhaitent entreprendre ou créer dans les domaines artistiques, littéraires et technologiques. » déclare à Watoto News le jeune Didier Ngondo.

Ainsi, cette Journée mondiale de la propriété intellectuelle est une occasion unique pour les jeunes de Kabare de prendre conscience des enjeux de la création, de l’innovation et de la protection des idées.
En se formant et en s’engageant dans des projets créatifs, les jeunes ont la possibilité de devenir des acteurs clés dans le développement économique et culturel de leur territoire.
Pascal Marhegane Ki-Moon (PMK), volontaire pour les enfants et les jeunes à Kabare
