
Alors que le monde a le regard rivé ce 16 Avril sur la lutte contre l’esclavage des enfants , en territoire de Kabare, d’aucuns s’interrogent si les parents qui abandonnent leurs enfants à se debrouiller pour survivre ne les exposent pas à fournir des efforts au delà de leurs âges qui rappellent la triste époque d’esclavage.
Dans les rues de Miti, Kavumu et d’autres localités, de nombreux enfants ont abandonné leurs études. Beaucoup d’entre eux sont employés dans des maisons de vente de boissons, dans des boulangeries locales ou, plus loin, dans les dangereux carrés miniers de Luhihi. Leur quotidien, un véritable parcours de combattant!
« J’ai 13 ans, je travaille dur depuis deux ans dans une boulangerie sans repos. Je voulais aller à l’école, mais mes parents n’ont pas les moyens. Alors je travaille pour aider à la maison », confie un enfant de Miti, en pleine circulation avec quelques sachets de pain dans la rue, à la recherche de clients, les yeux pleins de fatigue.
Ce cas illustre le labeur de beaucoup d’enfants. Leurs journées commencent à l’aube et se terminent bien après le coucher du soleil.
« Malgré les lois interdisant le travail des enfants, leur exploitation reste une réalité quotidienne ici en territoire de Kabare. Les autorités locales semblent dépassées ou indifférentes, et la société ferme les yeux, souvent par habitude ou par nécessité économique.Il faut que ça change ; les enfants doivent tous aller à l’école », déclare un activiste local des droits de l’homme.
En cette journée mondiale de lutte contre l’esclavage des enfants, l’indifference des Kabarois face à l’exploitation des enfants est une alerte en soi. Tant que ces enfants continueront de remplacer leurs cahiers par des pelles, des marteaux etc, la conscience collective restera complice. Il est temps de passer de l’ignorance à l’action.
Pascal Marhegane Ki-Moon, volontaire pour les enfants à Kabare
