La jeunesse de Bukavu s’érige contre la corruption et exige une transparence totale dans la gestion des affaires publiques. Ce message fort a été donné lors d’une marche pacifique organisée ce lundi 9 décembre, à l’occasion de la Journée internationale de la lutte contre la corruption.
Départ de la place Mulamba, la marche s’est dirigée vers le cabinet du gouverneur de la province du Sud-Kivu, rassemblant des jeunes issus de divers mouvements de la société civile. Tout au long de la procession, des messages de sensibilisation ont été diffusés pour inciter la communauté à s’engager dans la lutte contre la corruption.

Un mémorandum a été lu et déposé auprès des autorités provinciales, exigeant une transparence accrue dans la gestion des ressources publiques. Les jeunes ont formulé plusieurs revendications, notamment :
- Publication régulière des budgets, rapports financiers et contrats publics sur des plateformes accessibles au public.
- Réforme des systèmes de passation des marchés publics via une surveillance électronique.
- Élimination des frais informels et création d’un guichet unique.
- Adoption et publication de lois sur l’anti-corruption, l’accès à l’information et la protection des dénonciateurs.
- Lutte contre l’impunité par la traduction en justice des acteurs impliqués dans des actes de corruption.
Le gouverneur de la province, le Professeur Jean-Jacques Purusi, a reçu le mémorandum en main propre et s’est dit soulagé de voir les jeunes s’engager dans la lutte contre la corruption, une problématique complexe nécessitant un effort collectif. Il a assuré que des mesures étaient déjà en cours depuis son entrée en fonction.
Ce moment a également servi d’espace de réactivité, où le gouverneur a répondu à plusieurs préoccupations soulevées par les jeunes présents.

« Nous avons plus de 520 sociétés minières, dont 147 fonctionnent illégalement dans notre province, et nous les avons bloquées. C’est pourquoi nous avons mis en place une commission minière pour assurer le contrôle. Nous avons établi des conditions pour que ces sociétés contribuent au bien-être de la province, notamment par l’ouverture de routes et la construction de bureaux sur le territoire. Il existe de nombreux chefs de divisions et fonctionnaires corrompus, mais nous déployons des efforts pour améliorer la sécurité, même si la tâche est difficile à cause de la corruption. Nous avons déjà suspendu plus de 140 fonctionnaires dans le cadre de notre plan anti-corruption et nous progresserons progressivement », a déclaré Jean-Jacques Purusi.
Il a également abordé des points importants concernant les taxes, les tracasseries routières et les infrastructures.
Notons que cette marche a rassemblé de nombreux jeunes, issus de mouvements citoyens, de la société civile, d’entrepreneurs et d’étudiants, soutenus par AccountabilityLab RDC.
